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15 sept. 2016 · 4 min

Pythagore hors du plan : un triangle à trois angles droits ?

Dans cet épisode audio, partez d’un triangle sphérique à trois angles droits, puis découvrez comment la courbure modifie l’égalité de Pythagore.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente pour cette nouvelle exploration. Imaginons un instant un triangle possédant trois angles droits.

  2. Intervenant 2

    C'est une vraie aberration sur une feuille de papier, ça.

  3. Intervenant 1

    Complètement. Mais sur la surface de notre planète, c'est une réalité physique. Une réalité qui vient carrément détruire l'une des équations les plus célèbres des mathématiques.

  4. Intervenant 2

    Le fameux théorème de Pythagore.

  5. Intervenant 1

    Exactement. Aujourd'hui, on se plonge dans un article passionnant intitulé « Et si c'était faux ? ». On va décortiquer ça ensemble et voir comment ce pilier de la géométrie pourrait soudainement s'effondrer.

  6. Intervenant 2

    En fait, le fond du problème, c'est vraiment notre terrain de jeu géométrique. Pythagore, ça décrit parfaitement les relations entre les côtés d'un triangle, mais uniquement sur un plan totalement plat.

  7. Intervenant 1

    Donc sur une table ou un tableau,

  8. Intervenant 2

    quoi. Voilà, c'est ça. Mais dès qu'on change de point de vue pour se placer sur une sphère, par exemple si on navigue sur l'océan, les règles changent radicalement.

  9. Intervenant 1

    Ah oui, parce que la surface est courbée.

  10. Intervenant 2

    Tout à fait. Le chemin le plus court entre deux points n'est plus une vraie ligne droite au sens classique, mais une courbe, un arc de cercle. Sur cette sphère, l'égalité s'effondre totalement.

  11. Intervenant 1

    D'où ce fameux triangle avec trois angles droits en fait. Si je pars du pôle Nord, que je descends tout droit jusqu'à l'équateur, que je longe cet équateur puis que je remonte au pôle, je viens de faire trois virages à 90 degrés.

  12. Intervenant 2

    C'est la meilleure image possible. Et face à de telles figures, l'équation classique avec les carrés des côtés ne marche plus du tout. Ce qui est fascinant ici, c'est que les mathématiques s'adaptent avec la trigonométrie sphérique.

  13. Intervenant 1

    Donc on utilise des cosinus, c'est bien ça ?

  14. Intervenant 2

    Exactement. La vraie formule sphérique devient cosinus de BC égale cosinus de AB multiplié par cosinus de AC. La surface courbée compresse l'espace. Du coup, les distances ne s'additionnent plus pareil.

  15. Intervenant 1

    Mais voilà où ça devient vraiment intéressant. Pourquoi une telle différence ? Il doit y avoir un mécanisme derrière tout ça.

  16. Intervenant 2

    Ce mécanisme, en fait, c'est l'axiome des parallèles. Pythagore, ça équivaut à la géométrie euclidienne où il n'y a qu'une seule droite parallèle à une autre.

  17. Intervenant 1

    Ce qu'on apprend tous à l'école. Sauf que sur une sphère, les lignes droites, ce sont les grands cercles. Et ils finissent toujours par se croiser.

  18. Intervenant 2

    Voilà, il y a zéro parallèle. La courbure force les lignes à converger. La diagonale, l'hypoténuse, devient plus courte. Et là, l'équation devient une inégalité où le carré de l'hypoténuse est strictement inférieur à la somme des carrés des autres côtés.

  19. Intervenant 1

    Mais ça m'amène à un paradoxe très concret du quotidien. La Terre est ronde. Pourtant, sur nos chantiers, les maçons utilisent Pythagore pour monter des murs droits. Pourquoi nos bâtiments ne sont pas travers ?

  20. Intervenant 2

    C'est juste une question d'échelle. La courbure de la Terre est tellement vaste que sur un petit triangle dessiné dans un salon, la surface est localement plate.

  21. Intervenant 1

    D'accord, l'erreur est microscopique en fait.

  22. Intervenant 2

    Totalement. À notre échelle, Pythagore reste une approximation fabuleusement précise.

  23. Intervenant 1

    Ok, je comprends mieux. Mais l'article évoque aussi d'autres espaces. L'espace de Minkowski, ou une nappe d'hyperboloïdes. Sans faire trop de calculs complexes, que se passe-t-il si la courbure va dans l'autre sens ?

  24. Intervenant 2

    Prenons une forme qui s'évase, comme une selle de cheval.

  25. Intervenant 1

    Ou une chips géante.

  26. Intervenant 2

    Ouais, on peut dire ça. Là, on entre dans la géométrie hyperbolique, qui est super utile en relativité restreinte. La courbure est négative, donc les lignes s'éloignent. On peut tracer une infinité de parallèles.

  27. Intervenant 1

    Ce qui veut dire que les côtés du triangle s'étirent et s'écartent.

  28. Intervenant 2

    C'est exactement ça. L'hypoténuse s'allonge, le signe de notre inégalité bascule dans la direction opposée, donc supérieure cette fois, et on utilise d'autres outils comme le cosinus hyperbolique pour calculer cette dilatation.

  29. Intervenant 1

    Alors qu'est-ce que tout cela signifie au fond ? Le théorème qu'on nous a appris n'est pas faux en soi, il décrit simplement un espace très particulier à courbure nulle.

  30. Intervenant 2

    C'est une réalité purement locale.

  31. Intervenant 1

    Tout à fait.

  32. Intervenant 2

    Et ça ouvre une perspective assez vertigineuse pour terminer. Puisque notre espace nous semble plat, juste parce qu'on mesure de petits triangles, le fait de mesurer des triangles gigantesques à l'échelle des galaxies pourrait peut-être un jour révéler la courbure globale et véritable de notre propre univers.

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