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4 janv. 2016 · 5 min

Prix Tangente 2015 : l’aiguille ouvre le palmarès

Dans cet épisode audio, partez de l’aiguille de Kakeya pour découvrir le livre primé de Borrelli et Rullière, puis les deux ouvrages mentionnés.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. C'est un vrai bonheur d'accueillir toutes les personnes qui nous écoutent aujourd'hui pour cette nouvelle exploration. Alors, notre mission du jour, c'est de débriefer le verdict du jury du prix Tangente du livre.

  2. Intervenant 2

    Bonjour à toutes et à tous ! Oui, et on va surtout regarder comment ces ouvrages arrivent à transformer des concepts mathématiques hyper abstraits en de véritables aventures humaines.

  3. Intervenant 1

    C'est ça ! Parce qu'au fond, lire un bon livre de maths, c'est vraiment comme lire un roman policier. Il y a toujours une énigme centrale à résoudre, non ?

  4. Intervenant 2

    Ah bah totalement ! Et en parlant d'énigmes, le grand gagnant de cette année, c'est le livre « En cheminant » avec Kakeya, qui illustre ça à la perfection.

  5. Intervenant 1

    Écrit par Vincent Borelli et Jean-Luc Rullière, c'est bien ça ?

  6. Intervenant 2

    Exactement, oui. Vincent Borelli est chercheur en géométrie différentielle à Lyon 1. D'ailleurs, petite parenthèse pratique, le livre est publié par ENS Éditions et il est disponible gratuitement en PDF sur le site de l'ENS Lyon.

  7. Intervenant 1

    À super bon plan pour les passionnés. Et donc, le livre part d'un problème posé par Soichi Kakeya en 1917. C'est quoi cette histoire d'aiguille en fait ?

  8. Intervenant 2

    La question de départ paraît presque naïve. C'est comment retourner une aiguille de 180 degrés sur un plan, mais en utilisant la plus petite surface possible.

  9. Intervenant 1

    La plus petite surface, d'accord. C'est un peu comme essayer de faire faire un demi-tour complet à une grosse voiture dans une ruelle parisienne minuscule quoi.

  10. Intervenant 2

    Ouais, voilà, c'est la bonne analogie. Sauf que là, la résolution, elle va bien plus loin qu'un simple petit croquis intuitif.

  11. Intervenant 1

    J'imagine, oui.

  12. Intervenant 2

    Pour trouver cette aire qui est infiniment petite, il faut déployer une vraie artigerie lourde. On parle d'analyse mathématique pure, de dérivation, d'intégration pour calculer les surfaces.

  13. Intervenant 1

    Ah oui, quand même.

  14. Intervenant 2

    Ouais, et même la formule de Stokes, tu vois, pour relier le contour de l'objet à son volume. Mais la vraie beauté de cette arborescence mathématique, c'est que ce petit problème géométrique banal, il ouvre la porte à des choses folles, comme la densité des nombres premiers.

  15. Intervenant 1

    Attendez, là je décroche complètement. Je veux bien qu'on calcule des surfaces avec des intégrales, mais comment diable la rotation d'une simple aiguille peut-elle aboutir à la densité des nombres premiers ?

  16. Intervenant 2

    Je sais, le grand écart paraît absurde. Mais en fait, pour minimiser l'air, les chercheurs inventent des figures avec des pointes, des chevauchements infinis. Et pour modéliser ça, ils utilisent l'analyse harmonique.

  17. Intervenant 1

    D'accord, l'analyse harmonique.

  18. Intervenant 2

    C'est ça, un outil qui décompose les formes en ondes. Et il s'avère que ces mêmes ondes, ce sont exactement les structures qu'on utilise pour étudier la répartition des nombres premiers.

  19. Intervenant 1

    Oh waouh ! Donc l'outil géométrique déverrouille l'arithmétique. C'est fou ! Mais j'imagine que pour expliquer un truc pareil, ça demande un effort de vulgarisation colossal.

  20. Intervenant 2

    Ah bah tu m'étonnes. Les deux auteurs y sont amis depuis 20 ans, mais il leur a fallu 10 ans pour écrire ce livre.

  21. Intervenant 1

    10 ans ? Juste pour expliquer le problème de l'aiguille ?

  22. Intervenant 2

    Oui, parce que derrière la froideur des équations, il y a des relations humaines hyper intenses. Ils ont dû débattre, faire des concessions, bloquer pendant des mois…

  23. Intervenant 1

    C'est marrant parce que ça casse complètement le mythe du mathématicien génial et solitaire dans sa tour d'ivoire.

  24. Intervenant 2

    Complètement.

  25. Intervenant 1

    Ça fait plus penser à, je sais pas, à un groupe de rock qui s'enferme en studio pendant des années pour sortir un album super difficile. Cette friction, elle est indispensable à la clarté, en fait.

  26. Intervenant 2

    Bah oui ! La vulgarisation, ça exige de la confrontation. Trouver le bon angle, ça demande de tester ses idées sur l'autre, de voir ce qui marche ou pas. Si tu restes seul, tu t'enfermes dans ton propre jargon.

  27. Intervenant 1

    Et justement, cette volonté de rendre les maths tangibles, on la retrouve aussi chez les deux autres lauréates qui ont eu une mention du jury, non ?

  28. Intervenant 2

    Tout à fait. Il y a eu une mention pour Stella Baruc avec « nombres à compter et à raconter ». Là, c'est carrément un dialogue sur les nombres de 0 à 10, mais avec une collégienne.

  29. Intervenant 1

    D'accord. Donc l'autre, c'est la jeunesse.

  30. Intervenant 2

    Et l'autre mention, c'est pour Evelyne Barbin et la commission InterIREM pour les constructions mathématiques avec des instruments et des gestes. Là, ça se concentre sur l'utilisation historique d'instruments physiques pour mesurer l'inaccessible.

  31. Intervenant 1

    Mesurer l'inaccessible avec des instruments réels, ouais. Mais du coup, le fait de tenir un instrument physique ou d'avoir expliqué ça à un enfant, est-ce que ça force les mathématiciens à être plus rigoureux, car ils ne peuvent plus se cacher derrière leur jargon ?

  32. Intervenant 2

    C'est exactement ça. C'est le crash test ultime. Le dialogue avec un enfant ou l'utilisation d'outils historiques, ce sont deux méthodes géniales pour contourner les calculs quand ils ne donnent pas de solution exacte. La matière physique et l'esprit d'un enfant, ça ne tolère aucune approximation.

  33. Intervenant 1

    C'est clair. Au final, on se rend compte que les mathématiques, elles sont profondément ancrées dans le réel, que ce soit à travers des aiguilles, des instruments ou juste des dialogues humains.

  34. Intervenant 2

    Absolument.

  35. Intervenant 1

    D'ailleurs, pour explorer toutes ces idées plus en détail, les notes de lecture de ces ouvrages sont disponibles sur le site infinimat.com.

  36. Intervenant 2

    Oui, une super ressource pour aller plus loin.

  37. Intervenant 1

    Et pour terminer notre exploration d'aujourd'hui, voici une petite pensée provocatrice à ruminer. Si les vérités mathématiques, comme les théorèmes ou la densité des nombres premiers, sont vraiment universelles et intemporelles, pourquoi faut-il autant de luttes humaines, de débats passionnés sur des années et d'instruments physiques pour enfin réussir à les formuler correctement sur le papier ? Ça

  38. Intervenant 2

    donne matière à réfléchir, c'est

  39. Intervenant 1

    sûr. Un grand merci pour l'écoute et à très bientôt.

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