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25 août 2020 · 16 min

Ordonnancement : du chantier au sac à dos, une même logique

Partez des contraintes d’un chantier, suivez les choix de priorité, puis découvrez la même logique dans une usine, un sac à dos ou un partage de pièces.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. C'est vraiment un immense plaisir d'entamer cette nouvelle exploration aujourd'hui. Et on souhaite chaleureusement la bienvenue à toutes les personnes qui nous écoutent.

  2. Intervenant 2

    Bonjour tout le monde. Ouais, on a un programme assez fascinant aujourd'hui.

  3. Intervenant 1

    Ah ça, c'est sûr. Le but, là, c'est de plonger la tête la première dans un sujet qui, en apparence, semble lier des concepts totalement hétéroclites. C'est le

  4. Intervenant 2

    moins qu'on puisse

  5. Intervenant 1

    dire. Du coup, je pose le décor tout de suite avec une petite énigme. Quelle pourrait bien être la connexion secrète, enfin le fil invisible, qui relie la construction d'un immeuble gigantesque, la préparation méticuleuse du sac à dos d'une randonneuse et le fait que deux enfants essaient de se partager des pièces de monnaie ?

  6. Intervenant 2

    La réponse, elle tient en un concept central. C'est un domaine de la recherche opérationnelle qui est d'une richesse inouïe. La théorie de l'ordonnancement.

  7. Intervenant 1

    La théorie de l'ordonnancement, d'accord.

  8. Intervenant 2

    Voilà. Pour le définir simplement, en fait, c'est la science et même l'art, on pourrait dire, de décider exactement à quel instant chaque tâche doit être exécutée et sur quelles ressources.

  9. Intervenant 1

    Tout ça pour atteindre un objectif de manière optimale, j'imagine ?

  10. Intervenant 2

    Exactement. Le plus optimal possible en tout cas.

  11. Intervenant 1

    D'accord. Décortiquons un peu la mécanique. Parce que derrière ces gestes d'apparence triviales, il se cache en réalité des mathématiques complètement redoutables, non ?

  12. Intervenant 2

    Oh que oui ! L'intuition va être mise à très rude épreuve aujourd'hui.

  13. Intervenant 1

    Super, on adore ça ! Bon, pour saisir l'essence de cette théorie, le plus logique c'est de commencer par son application la plus évidente, celle du temps et de la gestion de projet.

  14. Intervenant 2

    Tout à fait.

  15. Intervenant 1

    Mettons-nous un instant dans l'apeu d'une chef de chantier, responsable de la construction de notre fameux immeuble dont on parlait au début.

  16. Intervenant 2

    Alors, sur un chantier, la physique nous impose des contraintes rigides. C'est ce qu'on appelle des « précédences ».

  17. Intervenant 1

    Des précédences, genre l'ordre des choses.

  18. Intervenant 2

    C'est ça. On ne peut matériellement pas couler la dalle du premier étage si les fondations ne sont pas sèches ou poser la plomberie avant que les murs porteurs soient montés.

  19. Intervenant 1

    Oui, ça semblait logique pour le coup.

  20. Intervenant 2

    Et l'outil mathématique pour modéliser ça, c'est le graphe de précédence. En gros, chaque tâche est un nœud et les flèches qui les relient dictent l'ordre obligatoire.

  21. Intervenant 1

    On l'imagine très bien, ce graphe temporel. Nos sources mentionnent d'ailleurs l'utilisation de la méthode PERT pour calculer les dates limites.

  22. Intervenant 2

    Oui, et si on a l'habitude de voir des diagrammes de Gantt en entreprise, on connaît le résultat final.

  23. Intervenant 1

    Sauf que la beauté mathématique, elle se trouve dans le calcul lui-même, non ? Avec ces histoires de passes avant et arrière sur le graphe ?

  24. Intervenant 2

    Précisément. En fait, la passe avant, ça permet de déterminer la date au plus tôt de chaque tâche.

  25. Intervenant 1

    Ok, donc on parcourt le graphe du début à la fin.

  26. Intervenant 2

    Ouais. Si une tâche nécessite que trois autres soient terminées avant elle, sa date de début au plus tôt est forcément conditionnée par la plus tardive de ces trois tâches préalables.

  27. Intervenant 1

    Logique. Et la passe arrière, du coup ?

  28. Intervenant 2

    On fait le chemin inverse. De la fin du projet vers le début. Ça sert à déterminer la date au plus tard. C'est la date limite absolue avant laquelle une tâche doit impérativement commencer.

  29. Intervenant 1

    Sinon, tout l'immeuble est en retard, c'est ça ?

  30. Intervenant 2

    Exactement. Si on dépasse, on retarde la livraison finale.

  31. Intervenant 1

    D'accord. Et la différence entre ces deux dates, au plus tard, moins au plus tôt, c'est ça qui nous donne la fameuse marge de libre ?

  32. Intervenant 2

    Tout à fait. C'est la marge de manœuvre.

  33. Intervenant 1

    Si on reprend l'exemple détaillé dans nos sources, l'immeuble prend 13 jours à construire. La tâche correspondant à la plomberie, elle, a une marge de zéro.

  34. Intervenant 2

    Zéro, oui. Ça veut dire que si elle glisse d'une seule heure, tout le chantier glisse d'une heure.

  35. Intervenant 1

    Ah ouais, la pression. En revanche, le tirage des câbles électriques, lui, possède un jour de marge.

  36. Intervenant 2

    Voilà. Et l'identification de ces tâches à marge nulle, c'est vraiment le cœur battant de la méthode PERT. L'enchaînement de ces tâches spécifiques forme ce qu'on nomme le chemin critique.

  37. Intervenant 1

    Le chemin critique.

  38. Intervenant 2

    Ouais. Dans l'optimisation d'un projet, toute l'attention doit se focaliser sur ce chemin critique, car c'est lui et lui seul qui dicte la durée totale.

  39. Intervenant 1

    En fait, c'est exactement comme la préparation d'un grand dîner de

  40. Intervenant 2

    fête. Comment

  41. Intervenant 1

    ça ? Le plat de résistance, disons une grosse dinde farcie qui nécessite quatre heures de cuisson et de repos, c'est ça le chemin critique. Ah

  42. Intervenant 2

    oui, je vois l'idée.

  43. Intervenant 1

    Si on l'enfourne avec 20 minutes de retard, le dîner sera servi avec 20 minutes de retard. Point final, c'est mathématique. Par contre, couper le pain ou dresser les assiettes, ça a une large marge.

  44. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie. On peut réorganiser la coupe du pain sans impacter l'heure du repas.

  45. Intervenant 1

    Voilà.

  46. Intervenant 2

    Mais attention, la dynamique du chemin critique est implacable tant qu'on a des ressources illimitées.

  47. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

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