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16 juil. 2020 · 15 min

Vitesse de la lumière : la roue du physicien Fizeau

Suivez le physicien Fizeau entre Suresnes et Montmartre : son dispositif à roue dentée mène à la première mesure terrestre de la vitesse de la lumière.

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  1. Intervenant 1

    Eh bien, bonjour tout le monde et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis vraiment ravi de lancer cette nouvelle exploration aujourd'hui.

  2. Intervenant 2

    Salut Sam, moi aussi je suis hyper ravie d'être là pour décortiquer toutes ces archives avec toi.

  3. Intervenant 1

    Ouais, et on a un sujet assez ahurissant devant nous. Pendant des millénaires, l'humanité a cru que la lumière, c'était une simple magie spatiale.

  4. Intervenant 2

    Un vrai interrupteur cosmique quoi. C'est

  5. Intervenant 1

    ça. On allume et l'image, elle est là, partout et instantanément. Pourtant aujourd'hui, on sait qu'elle voyage à la vitesse absurdement précise de 299 792,458 mètres par seconde. C'est d'une précision chirurgicale.

  6. Intervenant 2

    Bon,

  7. Intervenant 1

    décortiquons tout ça. Comment on est passé d'une illusion totale d'instantanéité à une mesure aussi folle ? Les sources d'aujourd'hui retracent cette quête vertigineuse.

  8. Intervenant 2

    Et le plus fou dans cette plongée dans nos documents historiques, c'est que pour attraper cette lumière, il a fallu repousser les limites même de la pensée humaine.

  9. Intervenant 1

    Bah oui, le paradoxe de départ, il est énorme. Comment mesurer un truc qui va si vite que notre cerveau peut même pas en percevoir le mouvement ?

  10. Intervenant 2

    C'est pas qu'une simple histoire de chronomètre en fait. C'est une vraie enquête policière de plusieurs siècles. Une enquête qui a obligé l'humanité à utiliser le système solaire tout entier comme laboratoire.

  11. Intervenant 1

    Avant de redescendre dans les rues de Marie d'ailleurs.

  12. Intervenant 2

    Ouais, exactement. Pour finalement détruire des dogmes vieux de plusieurs centaines d'années et redéfinir la réalité elle-même.

  13. Intervenant 1

    Alors pour bien comprendre l'ampleur de ce casse-tête, il faut se plonger dans la mentalité de l'Antiquité. Et ça a duré jusqu'au XVIIe siècle cette histoire.

  14. Intervenant 2

    Nos sources le soulignent très bien. À l'échelle humaine, l'instantanéité, c'est d'une logique implacable.

  15. Intervenant 1

    C'est clair. On ouvre les yeux, on voit les étoiles directes, on n'attend pas que l'image arrive.

  16. Intervenant 2

    Sauf qu'avec la naissance de la science moderne, ce mythe de l'instantanéité vole en éclats. Et là, on assiste à un véritable choc des titans.

  17. Intervenant 1

    Ah, le fameux duel théorique ! On a d'un côté Isaac Newton, le géant incontesté de la physique.

  18. Intervenant 2

    Et de l'autre, des physiciens comme Christian Huygens, Thomas Young et Augustin Fresnel. Et le débat, il est incroyablement intense.

  19. Intervenant 1

    Newton pensait que la lumière était faite de petits corpuscules, c'est ça Emery ?

  20. Intervenant 2

    Oui, il leur donnait une vraie masse.

  21. Intervenant 1

    Oui, sa vision est purement mécanique. Pour lui, la lumière, c'est un flux de particules projeté à une vitesse phénoménale. Et sa théorie l'oblige à faire une prédiction très spécifique sur la réfraction. La réfraction, c'est quand une paille a l'air brisée quand on la plonge dans un verre d'eau.

  22. Intervenant 2

    Exactement. La lumière change de direction en passant de l'air à l'eau. Et selon la mécanique de Newton, pour que ces particules se comportent comme ça, elles doivent obligatoirement accélérer quand elles entrent dans un milieu plus dense.

  23. Intervenant 1

    Donc, dans l'eau ou le verre, ça irait encore plus vite. Juste pour clarifier, si on suit Newton, allumer une simple bougie, c'est un peu comme tirer des milliards de minuscules balles de fusil.

  24. Intervenant 2

    Ouais, des projectiles avec une vraie masse.

  25. Intervenant 1

    C'est une vision presque vigilante de la lumière.

  26. Intervenant 2

    Et plonger ses balles dans l'eau devrait d'une manière ou d'une autre les faire aller plus vite.

  27. Intervenant 1

    Ce qui est complètement contre-intuitif. Surtout qu'en face, l'école d'Huyens et Fresnel défend l'idée inverse. Pour eux, la lumière, c'est une onde.

  28. Intervenant 2

    Une simple vibration sans masse propre. C'est ça. Et une onde, ça devrait logiquement être freiné par un milieu plus dense.

  29. Intervenant 1

    Du coup, comment la communauté scientifique de l'époque pouvait-elle espérer trancher ce débat face à un monument comme Newton ?

  30. Intervenant 2

    Ce qui est fascinant ici, c'est que la seule façon de trancher, c'était de chronométrer cette fameuse lumière. Mais on ne pouvait tout simplement pas le faire sur Terre.

  31. Intervenant 1

    Les distances sont trop courtes.

  32. Intervenant 2

    Infiniment trop courtes. La lumière traverse n'importe quelle distance terrestre visible en une fraction de millisecondes. Galilée en a d'ailleurs fait les frais.

  33. Intervenant 1

    Ah oui, l'histoire des lanternes sur les collines.

  34. Intervenant 2

    Il était convaincu que la vitesse était finie, du coup il a tenté une occultation manuelle.

  35. Intervenant 1

    Si on visualise le truc, Galilée est sur une colline avec une lanterne cachée, son assistant est sur une autre colline à 1 km.

  36. Intervenant 2

    Voilà, et Galilée découvre sa lanterne, l'assistant voit la lumière et ouvre la sienne en retour.

  37. Intervenant 1

    Et Galilée voulait mesurer le temps de l'aller-retour. Mais c'est impossible.

  38. Intervenant 2

    Le temps de réaction humain, pour traiter l'information visuelle et bouger la main, c'est environ un dixième de seconde.

  39. Intervenant 1

    Et en un dixième de seconde, la lumière allait le temps de faire presque trois fois le tour complet de la Terre.

  40. Intervenant 2

    Donc il mesurait juste la lenteur des réflexes humains. Pour trancher, la Terre était un laboratoire beaucoup trop étriqué.

  41. Intervenant 1

    Puisque la Terre était trop petite, il fallait chercher un espace infiniment plus grand. L'astronomie allait devenir un chronomètre géant.

  42. Intervenant 2

    Un choix par défaut, mais un choix brillant. Et l'opportunité se présente en 1671. C'est

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