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17 janv. 2017 · 5 min

Euler : pourquoi cinq solides, puis d’autres dimensions ?

Dans cet épisode audio, suivez le raisonnement : cinq cas réguliers possibles, leur existence, puis les polytopes, polyèdres convexes bornés de toute dimension.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on fait une plongée vraiment fascinante dans l'article « À la suite de l'air ».

  2. Intervenant 2

    Ouais, un article qui est assez vertigineux en fait. C'est

  3. Intervenant 1

    clair. L'idée de départ, c'est d'imaginer qu'on a, disons, une infinité de briques de construction identiques, mais qu'une règle physique nous interdit de créer plus de cinq formes géométriques parfaites en 3D.

  4. Intervenant 2

    Et c'est exactement la limite que nous impose notre propre réalité.

  5. Intervenant 1

    Voilà, c'est fou. Moi j'aime bien voir la célèbre formule de l'air comme une sorte de code-source de la réalité.

  6. Intervenant 2

    Avec la fameuse règle face plus sommet égale arête plus deux.

  7. Intervenant 1

    C'est ça. Mais intuitivement, comment une simple addition peut empêcher physiquement l'univers de nous laisser construire une sixième forme parfaite ?

  8. Intervenant 2

    Bah pour comprendre ça, faut vraiment s'éloigner un peu des équations et visualiser la matière elle-même. Si tu prends un triangle équilatéral.

  9. Intervenant 1

    D'accord, la figure de base.

  10. Intervenant 2

    Ouais. Pour faire un volume, tu dois les assembler. Si tu en attaches trois par un même sommet, l'ensemble va naturellement se replier sur lui-même.

  11. Intervenant 1

    Ça forme une pointe quoi, comme le haut d'une pyramide.

  12. Intervenant 2

    Exactement, c'est un tétraèdre. Ça marche super bien en 3D.

  13. Intervenant 1

    Jusqu'ici, c'est très logique, on visualise bien le truc.

  14. Intervenant 2

    Mais maintenant, essaye d'attacher six triangles de ce type autour d'un même sommet. Ah.

  15. Intervenant 1

    Ça rentre plus ?

  16. Intervenant 2

    Si. Les six triangles vont s'emboîter parfaitement, mais ils s'aplatissent complètement. Ça forme un hexagone régulier, mais totalement plat.

  17. Intervenant 1

    Ah oui, donc impossible de les plier pour refermer une forme en 3D.

  18. Intervenant 2

    C'est physiquement impossible, ouais. C'est exactement cette contrainte spatiale que la formule de l'air traduit, en fait. L'espace se referme sur lui-même selon des angles très précis.

  19. Intervenant 1

    C'est brillamment expliqué. Tout comme le moteur d'un jeu vidéo va empêcher un perso de traverser un mur parce que le code l'interdit,

  20. Intervenant 2

    l'arithmétique bloque physiquement notre espace.

  21. Intervenant 1

    On est coincé avec cinq solides réguliers, les solides de Platon.

  22. Intervenant 2

    Le tétraèdre, le cube, l'octaèdre, le dodecaèdre et l'icosaèdre. Il n'y a aucune dérogation possible.

  23. Intervenant 1

    Ce qui amène une question inévitable du coup. Si notre univers 3D est une sorte de prison mathématique, est-ce que ce code source s'applique toujours si on triche et qu'on rajoute une quatrième dimension spatiale ?

  24. Intervenant 2

    Ah bah là, le code il casse pas, il évolue. Au XIXe siècle, il y a des mathématiciens comme Poincaré et Schlaefeli qui ont généralisé cette règle.

  25. Intervenant 1

    La fameuse formule d'Euler Poincaré-Schlaefeli.

  26. Intervenant 2

    C'est ça. Et en dimension 4, l'équilibre se réajuste d'une manière assez dingue. La somme des sommets et des faces en deux dimensions devient égale à la somme des arêtes et des faces en trois dimensions.

  27. Intervenant 1

    Attends, une seconde. Des faces en trois dimensions ? Là, mon cerveau bloque un peu. Une face, c'est censé être plat, non ?

  28. Intervenant 2

    Dans notre perception usuelle, oui, bien sûr. Mais faut suivre la progression logique. Un carré plat en 2D, c'est délimité par des lignes.

  29. Intervenant 1

    Ok.

  30. Intervenant 2

    Notre cube en 3D, il est délimité par des carrés plats.

  31. Intervenant 1

    D'accord, je vois où tu veux

  32. Intervenant 2

    en venir. Donc, en géométrie 4D, un objet régulier, ce qu'on appelle un polycore, il est logiquement délimité par des cubes, ou d'autres volumes en 3D.

  33. Intervenant 1

    Ces faces sont littéralement des solides. C'est vertigineux. Mais la logique est imparable. D'ailleurs, l'article mentionne un objet 4D régulier appelé l'hypergranatoèdre. Un mot fantastique

  34. Intervenant 2

    d'ailleurs.

  35. Intervenant 1

    N'est-ce pas ? Et cet objet, il possède carrément 24 octaèdres en guise de face. Mais face à une telle complexité, puisqu'on ne peut pas les dessiner, comment les mathématiciens font pour les manipuler sans s'y perdre ?

  36. Intervenant 2

    Il s'appuie sur ce qu'on appelle le F-vecteur. Vu qu'on ne peut pas dessiner l'objet, on crée une liste, un registre en fait.

  37. Intervenant 1

    Ça recense quoi exactement ?

  38. Intervenant 2

    Ça note combien de sommets, combien d'arêtes, combien de faces , puis combien de cellules 3D l'objet possède.

  39. Intervenant 1

    On remplace le dessin par un tableau de bord chiffré

  40. Intervenant 2

    quoi. Voilà. Et l'élégance suprême, c'est que tous ces F-vecteurs habitent mathématiquement dans un espace super rigoureux qu'on appelle l'hyperplan de l'air.

  41. Intervenant 1

    L'hyperplan de l'air, d'accord.

  42. Intervenant 2

    C'est une structure qui garantit que l'architecture de ces mondes est parfaitement cohérente. La formule certifie que l'objet tient debout mathématiquement, même si aucun humain ne le verra jamais.

  43. Intervenant 1

    C'est là toute la beauté des maths en fait. Ça donne une boussole pour cartographier avec certitude des mondes que notre dimension nous empêche de voir.

  44. Intervenant 2

    Absolument. La logique prend le relais là où nos yeux s'arrêtent.

  45. Intervenant 1

    Ce qui me laisse avec une pensée un peu provocatrice pour clore cette exploration.

  46. Intervenant 2

    Vas-y, je t'écoute.

  47. Intervenant 1

    Si cet arithmétique décrit si parfaitement des objets en 4D, comme l'hypercranatoèdre, imaginons un instant une entité qui vit dans cette quatrième dimension et qui observe notre banal petit cube en 3D. Ce cube qui nous paraît si dense, si réel à nous, est-ce que de leur point de vue, ce serait juste une ombre, une esquisse étonnamment plate de leur propre réalité ?

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