
16 juil. 2019 · 25 min
Dualité en géométrie : comment un théorème en produit un autre ?
Dans cet épisode, suivez l’échange entre points et droites, puis découvrez comment le théorème de Pascal devient celui de Brianchon.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et bienvenue à toutes les personnes qui nous rejoignent pour cette nouvelle exploration.
Intervenant 2
Bonjour tout le
Intervenant 1
monde ! Imaginez un instant qu'on puisse prendre un problème mathématique extrêmement complexe, un truc vieux de 1500
Intervenant 2
ans,
Intervenant 1
et qu'en échangeant simplement deux mots dans sa formulation, on obtienne instantanément, sans le moindre calcul supplémentaire, une découverte totalement inédite.
Intervenant 2
C'est vrai que ça paraît fou dit
Intervenant 1
comme ça. Bah oui, ça ressemble carrément à de la magie au dos. Mais c'est pourtant la promesse d'un concept bien réel qu'on appelle la dualité.
Intervenant 2
Absolument.
Intervenant 1
Donc aujourd'hui, on plonge dans un article fascinant qui s'intitule « Deux théorèmes pour le prix d'un ». Et notre mission pour cette exploration, c'est de comprendre les rouages de cette espèce de symétrie secrète.
Intervenant 2
Ouais, c'est vraiment le cœur du sujet.
Intervenant 1
C'est une sorte de mécanisme caché, en fait, qui permet aux mathématiciens de recycler des théorèmes entiers pour faire d'une pierre deux coups et révéler des vérités qui étaient là, sous nos yeux, depuis toujours.
Intervenant 2
C'est une très belle façon de résumer la chose. Et ce voyage au cœur de la dualité, il est d'autant plus captivant qu'il transcende les simples équations.
Intervenant 1
C'est-à-dire ?
Intervenant 2
Eh bien, c'est une notion qui nous oblige vraiment à interroger la structure même de la logique géométrique. Le mot dual est très courant en maths, que ce soit pour des espaces vectoriels ou des figures géométriques. Mais l'idée fondatrice, l'essence même du concept, ça consiste à prendre un premier ensemble d'objets et à lui associer à un autre ensemble d'objets. Et ça, via une correspondance absolue. C'est ce qu'on appelle dans le jargon une bijection.
Intervenant 1
Attendez, le terme bijection, ça peut paraître un peu vertigineux quand on l'entend comme ça, lancé à froid.
Intervenant 2
C'est vrai, c'est vrai, pardon.
Intervenant 1
Bon, décortiquions un peu tout ça parce qu'il faut vraiment qu'on ait des bases solides avant d'attaquer les théorèmes. Si on prend l'exemple le plus élémentaire possible, disons la théorie des ensembles.
Intervenant 2
D'accord, allons-y.
Intervenant 1
Si j'ai une boîte avec des objets dedans et que je sélectionne une petite poignée de ces objets. Le dual de cette poignée, c'est simplement tout ce qui reste au fond de la boîte.
Intervenant 2
Tout à fait, c'est son complémentaire en
Intervenant 1
fait.
Intervenant 2
C'est vraiment l'exemple le plus intuitif. Et la règle fondamentale, la loi incontournable de cette dualité, c'est l'effet miroir parfait. Si on prend le dual du dual, on retombe obligatoirement sur l'objet de départ.
Intervenant 1
Ah oui, logique. Donc le complémentaire du complémentaire de ma poignée d'objets, c'est ma poignée initiale.
Intervenant 2
Exactement. Mais là où la mécanique devient visuellement très frappante, c'est quand on l'applique à la géométrie classique de l'espace. Prenons les polyèdres réguliers, les fameux solides de Platon.
Intervenant 1
D'accord. Imaginons un cube posé sur une table, six faces carrées, on le visualise bien. Comment on trouve le dual d'un cube du coup ? Il faut échanger des éléments, c'est ça ?
Intervenant 2
C'est le principe, ouais. Dans un polyèdre, les éléments principaux, c'est les faces, donc des surfaces planes, et les sommets qui sont des points. Ouais. Pour passer au dual, on inverse simplement leur rôle. Une face devient un sommet et un sommet devient une face.
Intervenant 1
Ok, donc concrètement, sur mon cube, ça donne quoi ?
Intervenant 2
Concrètement, on va placer un point exactement au centre de chacune de ces six faces carrées.
Intervenant 1
Je vois. Et ensuite, on relie ces nouveaux points entre eux, c'est ça ?
Intervenant 2
C'est ça.
Intervenant 1
Donc, puisque le cube a six faces, on obtient six nouveaux points. Et quand on relie ces six points par des arêtes, on voit apparaître une sorte de forme en diamant, non ? Avec huit faces triangulaires,
Intervenant 2
Voilà, un octahèdre.
Intervenant 1
Le dual du cube, c'est donc l'octahèdre. Oh,
Intervenant 2
c'est génial !
Intervenant 1
Et la symétrie, elle opère dans les deux sens. Si on place un point au centre des huit faces de cet octahèdre et qu'on les relie,
Intervenant 2
on recrée notre cube de départ.
Intervenant 1
Exactement. Et cette danse géométrique, elle fonctionne avec d'autres formes. Le dodecaèdre, par exemple, qui a douze faces pentagonales, son dual, c'est l'icosaèdre, qui possède vingt faces triangulaires.
Intervenant 2
Et il me semble, en lisant l'article, qu'il y a des formes qui sont un peu solitaires dans ce processus.
Intervenant 1
Comment ça ? Le tétraèdre, par exemple. Cette petite pyramide à base triangulaire avec quatre faces. Si on pique un point au centre de ces quatre faces et qu'on les relie, on obtient...
Intervenant 2
Un autre tétraèdre, juste un peu plus petit et inversé.
Intervenant 1
C'est tout à fait ça. Il est son propre dual. L'article appelle ça un objet autodual.
Intervenant 2
Autodual, voilà. Mais alors, il n'y a pas que la géométrie en 3D dans le dossier. L'article aborde aussi la théorie des graphes.
Intervenant 1
Oui, c'est un autre domaine d'application fascinant.
Intervenant 2
Un graphe, basiquement, pour les personnes qui écoutent, c'est un réseau. Des points, qu'on appelle des sommets, qui sont reliés par des lignes, qu'on appelle des arêtes.
Intervenant 1
Ouais, c'est une belle généralisation de l'idée des polyèdres, mais ramenée à plat, sur une feuille de papier ou sur un écran.
Intervenant 2
D'accord. Et pour obtenir le dual d'un graphe planaire, la logique d'inversion reste la même. Les zones vides délimitées par les arêtes, ce qu'on appelle les cellules ou les faces, eh bien, elles vont devenir les nouveaux sommets.
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