
16 févr. 2022 · 14 min
Comment une boule mathématique devient-elle un cube ?
Dans cet épisode, suivez pas à pas la métamorphose des boules en 3D : octaèdre, sphère, cube, puis polyèdres aux formes moins familières.
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Intervenant 1
Ah, le micro est ouvert, fantastique. Alors bienvenue dans le podcast du magazine Tangente, un accueil vraiment chaleureux et amical à tous les esprits curieux qui nous écoutent aujourd'hui. On est ravis de vous avoir avec nous pour cette nouvelle exploration approfondie.
Intervenant 2
Bonjour à toutes et à tous. Je suis hyper enthousiaste pour le sujet qu'on va aborder. C'est vraiment l'un de ces thèmes qui retourne un peu le cerveau en fait.
Intervenant 1
Complètement. Notre mission du jour, puisqu'il s'agit bien d'une mission, c'est d'explorer un article assez fascinant sur des formes géométriques spatiales. On va littéralement voir comment une simple petite modification dans une équation mathématique peut sculpter l'espace autour de nous.
Intervenant 2
C'est ça, et transformer totalement notre perception de la réalité. On va même voir qu'avec ça, on pourrait créer une collection de boules de Noël mathématiquement parfaites et franchement totalement hallucinantes.
Intervenant 1
Des boules de Noël mathématiques, j'adore le concept. D'accord, décortiquons tout ça. Pour bien comprendre ces formes complexes, il faut d'abord détruire une certitude absolue qu'on a tous depuis l'enfance.
Intervenant 2
Oh, je sens qu'on va s'attaquer à la sphère.
Intervenant 1
Exactement. L'idée reçue, c'est qu'une boule, bah c'est rond. Forcément rond.
Intervenant 2
Et c'est logique de penser ça. Dans notre monde physique, la géométrie d'Euclide règne en mètres. Mais en mathématiques pures, on utilise un outil très précis pour définir les distances, ce qu'on appelle la norme, avec un petit paramètre qu'on note très souvent P.
Intervenant 1
D'accord. Donc ce paramètre P, c'est lui le géo d'orchestre. Dans notre géométrie classique, celle de tous les jours, avec nos axes X, Y et Z, ce fameux P, il vaut combien ?
Intervenant 2
Eh bien, il vaut très exactement deux. C'est la bonne vieille distance euclidienne. On prend les coordonnées, on les élève au carré, on les additionne, et paf, on applique la racine carrée.
Intervenant 1
Le fameux théorème de Pythagore, mais en 3D, quoi !
Intervenant 2
Tout à fait. Et si on définit une boule comme tous les points situés à une distance maximale de 1 par rapport au centre, avec ce P qui vaut 2, on obtient la sphère parfaite. Lisse, ronde, sans accrocs.
Intervenant 1
Mais là où ça devient fou, c'est si on se met à jouer avec ce paramètre P. C'est un peu comme si l'espace 3D était un moteur physique de jeu vidéo et qu'en changeant la valeur de P, on modifiait les lois mêmes de la distance.
Intervenant 2
J'aime beaucoup l'analogie du jeu vidéo, c'est très visuel. Prenons un exemple extrême. Et si on disait que P ne vaut plus 2, mais qu'il vaut 1 ?
Intervenant 1
Ah, donc adieu les carrés et la racine carrée.
Intervenant 2
Voilà, on simplifie tout. On ne garde que l'addition pure et simple des valeurs absolues de nos trois coordonnées. Donc la valeur absolue de X plus celle de Y plus celle de Z doit être égale ou inférieure à 1.
Intervenant 1
D'accord, mais visuellement, ça chance quoi notre boule ?
Intervenant 2
Eh bien, on bascule dans la géométrie de la distance dite de Manhattan. Vous savez, comme quand on se déplace dans les rues en quadrillage de New York. Et la forme qui apparaît dans notre équation, ce n'est plus du tout une sphère. C'est un octahèdre.
Intervenant 1
Attendez, un octahèdre ? Comme deux pyramides collées par la base ?
Intervenant 2
C'est exactement ça. Avec des faces toutes plates et surtout des arêtes super vives.
Intervenant 1
Mais d'où sortent ces arêtes tranchantes ? Je veux dire, on a juste enlevé des carrés dans la formule.
Intervenant 2
Le secret se cache dans cette fameuse valeur absolue. En analyse mathématique, la fonction valeur absolue a une particularité. Elle n'est pas dérivable en zéro.
Intervenant 1
Oula, pas dérivable en zéro. Concrètement, pour ceux qui nous écoutent, ça veut dire quoi ?
Intervenant 2
En gros, ça veut dire que la courbe n'est pas adoucie. Quand une coordonnée croise le zéro, ça fait un angle brutal, un changement de direction sec. Et dans l'espace 3D, ces petits changements secs créent invariablement des arrêtes et des sommets très pointus.
Intervenant 1
Ah ouais, je vois le genre. Et si on est encore plus joueur, qu'est-ce qui se passe si on donne à P une valeur plus petite que 1, genre 0,5 ?
Intervenant 2
Alors là, la forme s'effondre littéralement sur elle-même. Les faces se creusent vers le centre et on obtient une sorte d'étoile hyper complexe, une forme non convexe. Mais il y a un hic. Les sources qu'on étudie sont formelles là-dessus. Si P est strictement inférieur à 1, l'équation ne respecte plus les règles mathématiques pour être considérée comme une norme valide.
Intervenant 1
Ah bon ? Pourquoi ça ?
Intervenant 2
Parce qu'elle brise une règle sacrée. L'inégalité triangulaire.
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