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22 mai 2018 · 22 min

Dans Blake et Mortimer, le professeur est-il bon en maths ?

Dans cet épisode audio, suivez l’enquête de la série Blake et Mortimer : calcul mental, géométrie, algèbre et trajectoires composent le dossier.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Saviez-vous que l'une des plus grandes hérésies mathématiques de l'histoire, un truc d'une ampleur enfin qui ferait s'évanouir Pythagore lui-même, a été fièrement écrite sur un tableau noir par l'un des scientifiques les plus brillants de la bande dessinée franco-belge ?

  2. Intervenant 2

    Ouais, ça paraît complètement fou dit comme ça. D'habitude, la science dans la culture populaire, ça essaye surtout de projeter une image de rigueur absolue quoi.

  3. Intervenant 1

    C'est clair, on s'imagine toujours le savant en train de manipuler des concepts d'une complexité folle où chaque petit symbole a une fonction vitale.

  4. Intervenant 2

    Ah mais c'est l'image d'Epinal par excellence ça. On associe instinctivement la figure du scientifique à une vérité inébranlable. Et pour asseoir cette autorité, la fiction utilise super souvent les maths comme un gage de sérieux.

  5. Intervenant 1

    Un peu comme une blouse blanche intellectuelle en fait.

  6. Intervenant 2

    C'est exactement ça. C'est un code visuel qui est vraiment conçu pour rassurer le lecteur et l'impressionner.

  7. Intervenant 1

    Sauf que c'est tout l'objet de notre exploration d'aujourd'hui. Lorsqu'on gratte un tout petit peu ce vernis dans la bande dessinée, cette belle image de rigueur a franchement tendance à s'effondrer de manière assez spectaculaire.

  8. Intervenant 2

    Ah, ça, c'est le moins qu'on puisse dire.

  9. Intervenant 1

    Du coup, aujourd'hui, on propose une plongée au cœur de nos sources pour décortiquer un phénomène super fascinant. La place, qui est souvent réduite à la portion qu'on grue d'ailleurs, des mathématiques chez les scientifiques de papier.

  10. Intervenant 2

    Une très belle mission !

  11. Intervenant 1

    Et pour mener cette enquête, il n'y a pas de meilleur cas d'étude que l'évolution de l'un des savants les plus emblématiques du 9e art. Je veux bien sûr parler du professeur Philippe Mortier, cet éminent spécialiste en physique nucléaire de la saga Blake et Mortimer.

  12. Intervenant 2

    Oui, une figure absolument incontournable. Et ce qui rend l'analyse de cette série si pertinente pour nous, c'est vraiment sa longévité.

  13. Intervenant 1

    Oui, elle traverse les

  14. Intervenant 2

    époques. Tout à fait. Elle agit comme un véritable sismographe de la culture scientifique populaire sur plusieurs décennies. En observant le professeur Mortimer au travail, on observe en réalité l'évolution de ce que le grand public perçoit comme étant scientifique.

  15. Intervenant 1

    Et on va vite s'apercevoir que le niveau de rigueur de ce cher professeur a suivi une trajectoire en dents de cils. C'est tout à fait imprévisible. Oh que oui ! Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut repartir aux origines. Il faut plonger dans la genèse du personnage juste après la Seconde Guerre mondiale.

  16. Intervenant 2

    Donc on est entre 1946 et les années 1950, c'est ça ?

  17. Intervenant 1

    C'est ça. L'âge d'or de la série, créé par le dessinateur belge Edgar P. Jacobs. Jacobs, c'est un artisan méticuleux, un ancien collaborateur d'Hergé d'ailleurs, qui est très connu pour son perfectionnisme.

  18. Intervenant 2

    Un perfectionnisme

  19. Intervenant 1

    légendaire. Et il pose les bases d'un duo devenu mythique. D'un côté le capitaine Francis Blake, l'archétype du phlegme britannique, et de l'autre, notre bouillonnant professeur Mortimer.

  20. Intervenant 2

    Et c'est justement dans l'album Le secret de l'Espadon, qui est publié en 1950, que Mortimer réalise un véritable coup de maître.

  21. Intervenant 1

    Il sauve carrément le monde libre d'une dictature mondiale, rien que ça.

  22. Intervenant 2

    Rien que ça, oui. Et il fait ça en inventant l'Espadon, un avion-fusée amphibie avec des capacités hallucinantes pour l'époque.

  23. Intervenant 1

    Sur le plan narratif, c'est une prouesse qui marque vraiment l'histoire de la science-fiction européenne.

  24. Intervenant 2

    Ah oui, incontestablement. Et c'est là que ça nous intéresse d'un point de vue purement scientifique. Quand on observe de près les méthodes de conception de cette machine prodigieuse, il y a un immense décalage qui saute aux yeux.

  25. Intervenant 1

    Bon, décortiquons tout ça. Nos sources pointent un détail vraiment savoureux. Dans les cases dessinées par Jacobs, on voit Mortimer concevoir cet appareil ultra sophistiqué avec un équipement qui, honnêtement, laisse perplexe.

  26. Intervenant 2

    C'est le moins qu'on puisse dire, oui !

  27. Intervenant 1

    Il réalise cette merveille d'aéronautique presque exclusivement par le calcul mental, en cédant d'une géométrie extrêmement basique, enfin on le voit courbé sur sa table à dessin, en train de tracer de simples cercles compas et des droites à la règle.

  28. Intervenant 2

    C'est un peu léger et c'est là que le bas blesse pour quiconque à des notions d'ingénierie

  29. Intervenant 1

    en fait. C'est clair. Pour moi c'est un peu comme essayer de concevoir un avion de chasse furtif moderne avec pour seuls outils un compas et une règle des colliers quoi.

  30. Intervenant 2

    Ouais, l'image est parfaite.

  31. Intervenant 1

    Mais attendez, est-ce que c'est vraiment si absurde que ça au fond ? Après tout, la géométrie classique, c'est ce qui a permis de bâtir les pyramides d'Égypte, de concevoir des accuducs romains gigantesques.

  32. Intervenant 2

    C'est vrai,

  33. Intervenant 1

    oui. On a navigué sur tous les océans du globe avec ça. Pourquoi un esprit de génie ne pourrait-il pas s'en servir pour tracer les plans d'un avion fusée finalement ?

  34. Intervenant 2

    C'est une excellente objection. Ce qui est fascinant ici, c'est que la géométrie euclidienne est effectivement un outil d'ingénierie super puissant, mais pour des structures statiques.

  35. Intervenant 1

    D'accord, je vois la nuance.

  36. Intervenant 2

    Mais là, on parle de l'espadon, un appareil qui doit voler à des vitesses supersoniques, résister à des pressions phénoménales et même plonger sous l'eau.

  37. Intervenant 1

    Ça fait beaucoup de contraintes pour une règle en plastique.

  38. Intervenant 2

    Exactement. Pour concevoir une telle machine, la géométrie statique ne suffit plus du tout. Il faut faire appel à la mécanique des fluides, à la thermodynamique ou encore à des équations différentielles complexes.

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