
10 sept. 2026 · 6 min
PISA 2025 : recul en maths et France dans la moyenne ?
PISA 2025 : suivez dans ce podcast le bilan français présenté par l’article, du contraste entre moyenne et recul en maths aux pistes pour relier les maths au quotidien.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Pour notre exploration d'aujourd'hui, on va décortiquer un peu les résultats PISA 2025 en mathématiques. Et l'idée, c'est de le faire avec nuance, sans céder au fatalisme ambiant qu'on entend un peu partout.
Intervenant 2
C'est une excellente approche parce que oui, il y a des choses à analyser, mais il faut garder la tête froide.
Intervenant 1
Exactement. Et pour se mettre en jambes, j'ai un petit exemple concret sous la main. C'est la fameuse question de l'évaluation PISA de 2012. Alors, vaut-il mieux acheter une pizza de 30 cm de diamètre pour 30 zeds ou bien une de 40 cm pour 40 zeds ?
Intervenant 2
Ah, la fameuse question de la pizza. Ça montre bien que les maths, ce n'est pas juste des équations flottantes, en fait.
Intervenant 1
Bah oui, c'est aussi l'art de ne pas se faire avoir à la pizzeria.
Intervenant 2
C'est ça. Et ça résume vraiment bien la philosophie de cette étude de l'ECDE. Tous les trois ans, le programme teste des jeunes de 15 ans sur quatre compétences clés.
Intervenant 1
On parle de la culture scientifique, l'écrit, tout ça, non ?
Intervenant 2
Oui, voilà, la compréhension de l'écrit, la pensée créative et bien sûr la culture mathématique. Et l'objectif, ce n'est pas de leur faire recracher des théorènes, mais de résoudre des problèmes du quotidien.
Intervenant 1
On est vraiment sur de l'application pratique du coup.
Intervenant 2
Totalement. Pour la pizza, si on calcule l'air, on démontre que la version de 40 cm offre presque 80% de nourriture en plus. Ah
Intervenant 1
oui, quand même !
Intervenant 2
Ouais, et ça pour seulement 33% plus cher. Donc le rapport quantité-prix au centimètre carré est sans appel. La plus grande est incontestablement la plus avantageuse.
Intervenant 1
Bon, ça, c'était la mise en bouche ludique de 2012. Mais si on passe aux chiffres réels de l'édition 2025, là, c'est beaucoup moins savoureux.
Intervenant 2
C'est le moins qu'on puisse dire, oui.
Intervenant 1
Parce que sur les 6500 élèves testés en France, le score moyen en maths a vraiment dévissé. On passe de 511 points en 2003 à 458 en 2025. C'est une baisse significative. La vraie question que je me pose face à ça, c'est est-ce qu'on a affaire à une maladie purement française ou bien c'est un symptôme global ?
Intervenant 2
Mais alors, la perspective est cruciale ici. En fait, la France se maintient dans la moyenne de l'OCDO.
Intervenant 1
Ah d'accord, donc on n'est pas une exception d'effondrement local.
Intervenant 2
Non, pas du tout. Cette moyenne des 37 pays a lourdement chuté elle aussi en fait. Elle est passée de 502 à 463. C'est vraiment un déclin généralisé au niveau international.
Intervenant 1
Et comment on l'explique ? Parce que le ministre de l'Éducation avance l'hypothèse des écrans. Il pointe du doigt une consommation un peu passive sur les réseaux sociaux.
Intervenant 2
Au détriment d'un usage numérique plus créatif, oui. C'est la théorie avancée. L'attention joue forcément un rôle.
Intervenant 1
Mais honnêtement, on a des écrans partout depuis plus de dix ans, c'est vraiment juste la faute des téléphones ?
Intervenant 2
C'est une critique légitime. Et les documents que nous analysons suggèrent une cause bien plus profonde en réalité.
Intervenant 1
Laquelle ?
Intervenant 2
La discipline souffre d'une approche qui la déconnecte de la réalité. Les élèves finissent par percevoir les mathématiques comme un ensemble de règles arbitraires.
Intervenant 1
Plutôt que comme un outil pour modéliser le monde ? Exactement. Ce qui est incomble quand on y pense. Historiquement, les maths ont émergé de nécessités très concrètes. Les arpenteurs devaient mesurer les terres agricoles, les marchands devaient modéliser leurs taxes. C'était vital, oui. Mais si le constat est global, comment est-ce qu'on peut réactiver cet ancrage tangible en classe aujourd'hui ?
Intervenant 2
En s'appliant sur des visuels pour construire l'intuition. Il faut rendre les concepts familiers. Par exemple, le numéro 231 du magazine illustre cette démarche avec le volume de la pyramide.
Intervenant 1
La fameuse formule R de la base multipliée par la hauteur et on divise le tout par trois.
Intervenant 2
Voilà. Et au lieu d'imposer cette division par trois comme un dogme abstrait, l'article démontre visuellement la chose.
Intervenant 1
Comment ça, exact ?
Intervenant 2
Eh bien, il montre qu'à l'intérieur d'un cube ou d'un prisme droit, on peut emboîter très exactement trois pyramides identiques.
Intervenant 1
Wow ! Trois pyramides qui ont la même base et la même hauteur.
Intervenant 2
C'est ça. Au lieu d'apprendre une recette de cuisine à l'aveuble, on regarde concrètement comment les volumes s'imbriquent dans l'espace.
Intervenant 1
C'est fascinant parce que c'est beaucoup plus facile à retenir.
Intervenant 2
C'est LA meilleure façon de retenir. Et on a un autre super exemple avec le hors-série 99. Il applique cette logique à une figure au nom très intimidant, l'hyperboloïde de Révolution.
Intervenant 1
Ah oui, un nom qui fait un peu peur, je dois avouer.
Intervenant 2
C'est vrai, mais géométriquement, c'est la même structure que le diabolo, avec lequel on joue dans les cours de récréation.
Intervenant 1
Ah, le jouet, d'accord.
Intervenant 2
Et surtout, c'est la forme des immenses tours de refroidissement des centrales électriques.
Intervenant 1
Attendez, pourquoi l'industrie lourde a besoin de la forme d'un jouet pour construire des centrales nucléaires ? C'est quand même pas pour l'esthétique, hein ?
Intervenant 2
Pas du tout. C'est une question d'ingénierie dictée par la géométrie, en fait. La paroi de cette tour, bien qu'elle soit courbée, peut être construite uniquement avec des poutres droites, rectilignes, qui s'entrecroisent.
Intervenant 1
Ah, je vois. Donc ça garantit une immense stabilité structurelle.
Intervenant 2
Exactement. Et en utilisant beaucoup moins de matériaux. De plus, le rétrécissement au centre crée un effet de tirage naturel.
Intervenant 1
Ce qui accélère la montée de l'air chaud pour optimiser le refroidissement, j'imagine.
Intervenant 2
C'est tout à fait ça.
Intervenant 1
Donc, reconnecter l'équation abstraite à des contraintes physiques, que ce soit le flux d'air d'une centrale ou la carte d'une pizzeria, c'est vraiment le levier principal.
Intervenant 2
Oui, rendre la théorie tangible permet de forger une véritable réflexion mathématique, au lieu d'un simple réflexe de calcul.
Intervenant 1
C'est la clé pour espérer remonter dans le classement PISA. Et ça amène une pensée provocatrice pour terminer notre analyse d'aujourd'hui, chers auditeurs. Si les mathématiques classiques sont nées des problèmes concrets des marchands d'autrefois, quels défis pratiques et tangibles de notre monde moderne vont forger les nouvelles théories de demain ?
Intervenant 2
La modélisation climatique, l'optimisation des algorithmes, les défis ne manquent pas.
Intervenant 1
Ce sera aux élèves de demain de s'en emparer. Merci à tous de nous avoir suivis.
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