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24 oct. 2022 · 15 min

Maths et âge : pourquoi le cerveau peut rester actif

Cet épisode suit le passage de la plasticité aux automatismes pour éclairer comment le cerveau continue à bâtir des savoirs mathématiques avec l’âge.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Si on prend juste une seconde pour s'imaginer un nourrisson, un bébé de 7 mois dans son berceau.

  2. Intervenant 2

    Ouais, un tout petit bébé.

  3. Intervenant 1

    Voilà. Il sait ni parler, ni marcher. Il découvre à peine comment bouger ses propres mains. Et pourtant, en arrière-plan, vraiment dans le silence de son activité neuronale, ce bébé est déjà en train de calculer des probabilités statistiques hyper complexes. C'est complètement contre-intuitif en fait. Mais c'est fou. Donc aujourd'hui, on plonge dans une analyse profonde pour déconstruire un mythe super tenace. C'est cette idée qui nous angoisse un peu tous quand les années passent. Le fameux

  4. Intervenant 2

    déclin cognitif.

  5. Intervenant 1

    Exactement. Cette fatalité, genre nos facultés s'effondreraient forcément avec l'âge. Surtout pour un truc aussi abstrait que les mathématiques. On entend toujours dire que les maths, c'est un sport de jeunes quoi.

  6. Intervenant 2

    Ouais, que passé un certain cap, le cerveau serait plus capable de suivre la gymnastique abstraite.

  7. Intervenant 1

    C'est ça. Donc la question de base de cette plongée aujourd'hui, c'est est-ce que ce déclin est une vraie fatalité biologique ?

  8. Intervenant 2

    Et pour répondre à ça, on va s'appuyer sur les neurosciences les plus récentes. Et plus spécifiquement, on va utiliser les découvertes hallucinantes qui viennent de NeuroSpin.

  9. Intervenant 1

    Alors NeuroSpin, pour situer, c'est du lourd.

  10. Intervenant 2

    Ah oui, c'est l'un des centres de neuro-imagerie par résonance magnétique les plus avancés au monde. C'est situé en France, c'est rattaché au CEA et à l'université Paris-Saclay. L'idée, c'est de regarder les mécanismes intimes du cerveau pour trier le vrai du faux sur l'apprentissage.

  11. Intervenant 1

    Et franchement, en lisant ces dossiers, j'ai vu des trucs, mais des trucs incroyables. Genre l'impact des jeux vidéo d'action sur le cerveau ou la revanche totale des plus de 40 ans sur les génies des maths.

  12. Intervenant 2

    C'est clair que ça casse les clichés. Mais du coup, avant de comprendre comment le cerveau vieillit face aux équations, il faut d'abord regarder comment il est construit à la base. Si on prend les travaux des chercheurs Stanislas Dehaene et Marie Amalric à Neurospin, il y a une première idée reçue qui vole en éclats. C'est l'idée du cerveau comme une grosse éponge universelle.

  13. Intervenant 1

    Le mythe de la flexibilité absolue quoi.

  14. Intervenant 2

    Exactement. Leurs recherches montrent une architecture complètement différente. En utilisant l'IRM fonctionnel, donc en regardant l'afflux de sang dans le cerveau en temps réel, ils ont testé des mathématiciens professionnels. Et

  15. Intervenant 1

    qu'est-ce qu'ils leur ont fait faire ?

  16. Intervenant 2

    Il en fait écouter des affirmations mathématiques super complexes, puis des trucs très factuels sur l'histoire ou la géographie. Et là, le contraste était dingue. Ah

  17. Intervenant 1

    ouais ?

  18. Intervenant 2

    Ouais. Il y a une séparation anatomique totale. Le réseau qui traite les maths est complètement séparé de celui qui gère toutes les autres formes de savoir.

  19. Intervenant 1

    C'est vraiment une zone VIP juste pour les maths.

  20. Intervenant 2

    C'est un peu ça, oui.

  21. Intervenant 1

    Mais du coup, ça remet en cause cette idée romantique de la flexibilité. On se dit souvent que pour apprendre des nouveaux trucs à l'école, le cerveau fait de la place à la demande, il s'étire.

  22. Intervenant 2

    Les données disent l'inverse. Pour les maths, le cerveau n'invente pas des nouvelles zones à partir de rien. Il utilise des circuits hyper canalisés qui sont reproductibles.

  23. Intervenant 1

    Chez tout le monde ?

  24. Intervenant 2

    Chez presque tout le monde. D'un individu à l'autre, la localisation de ce réseau mathématique, qui se trouve dans une zone qu'on appelle le sillon intrapariétal bilatéral, c'est pratiquement identique. En gros, on est avec une architecture neuronale déjà préexistante, faite pour traiter la quantité et l'espace.

  25. Intervenant 1

    Donc, si je file un peu la métaphore, c'est comme une maison. On s'imagine que l'école, c'est arriver dans une maison vide et devoir tirer tous les câbles électriques soi-même.

  26. Intervenant 2

    Ouais, alors que pas du tout.

  27. Intervenant 1

    Voilà, en fait la maison est déjà entièrement pré-câblée à la naissance. L'école vient juste brancher les interrupteurs pour faire passer le courant.

  28. Intervenant 2

    C'est une super bonne image,

  29. Intervenant 1

    oui. Mais attends, j'ai une question un peu piquante du

  30. Intervenant 2

    coup.

  31. Intervenant 1

    Vas-y. Si on a tous ce même circuit rigide, ces mêmes câbles dans les murs, comment ça se fait qu'une personne résout des équations différentielles au petit-déj et qu'une autre, genre moi, fait un blocage total sur une simple fraction ?

  32. Intervenant 2

    Bah, c'est que la présence des câbles ne garantit pas qu'on s'en serve bien. Le réseau est là, mais la façon dont il est stimulé ou au contraire bloqué par l'environnement pendant le développement, ça crée des gouffres immenses.

  33. Intervenant 1

    Ah, donc l'environnement joue avec l'interrupteur.

  34. Intervenant 2

    Exactement. Et pour capter ça, faut observer à quel moment précis le circuit s'allume pour la première fois. Et c'est bien plus tôt que ce qu'on pensait.

  35. Intervenant 1

    Oui, on en vient à ces fameux bébés statisticiens. Quand j'ai vu le chiffre de 7 mois, j'étais choqué.

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