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12 oct. 2018 · 18 min

Traduction automatique : pourquoi le contexte change tout

Dans cet épisode audio, suivez le passage du mot à mot aux statistiques, puis aux réseaux de neurones qui prennent le contexte en compte.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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Transcription automatique

  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va se plonger dans une histoire, dans une véritable révolution technologique.

  2. Intervenant 2

    Ouais, le mot n'est pas trop fort.

  3. Intervenant 1

    Imaginez, en 1949, un scientifique a postulé que pour traduire un texte russe, il fallait arrêter de le lire comme une langue étrangère.

  4. Intervenant 2

    C'est ça.

  5. Intervenant 1

    Il fallait le traiter purement et simplement comme un code secret à déchiffrer. Et aujourd'hui, on ne casse plus les codes de cette manière, on laisse des architectures neuronales artificielles modéliser des concepts dans des espaces mathématiques à mille dimensions.

  6. Intervenant 2

    Rien que ça ?

  7. Intervenant 1

    C'est fou ! Et l'objectif de cette plongée dans nos sources, c'est vraiment de comprendre comment un problème de communication, qui est vieux comme l'antiquité au final, s'est transformé en une vraie révolution logicielle. Bon, décortiquons un peu tout ça.

  8. Intervenant 2

    Avec plaisir. Et c'est un sujet vertigineux parce que, souvent, l'erreur commune qu'on fait, c'est de réduire la traduction à un simple jeu d'équivalence de dictionnaire.

  9. Intervenant 1

    Ouais, la fameuse traduction mot à mot.

  10. Intervenant 2

    Voilà. On s'imagine qu'il suffit de prendre un mot dans une colonne A et de piocher son jumeau dans une colonne B. Sauf que les documents qu'on analyse aujourd'hui montrent bien que réduire une langue à des équations, ça implique de se heurter à toute l'ambiguïté, la fluidité, voire l'incohérence de la pensée humaine. C'est un défi fondamentalement logique et structurel.

  11. Intervenant 1

    Et pour bien saisir pourquoi ce défi a nécessité une réponse mathématique, nos sources nous ramènent d'abord à la racine du problème, à Babylone, au début du VIe siècle avant notre ère.

  12. Intervenant 2

    Sous le règne de Nabuchodonosor II, pour être très précis. L'empire babylonien est alors triomphant. Et suite à la déportation du peuple juif en 597 avant notre ère, Babylone devient un immense carrefour interculturel.

  13. Intervenant 1

    Une vraie mégalopole avant l'heure, quoi.

  14. Intervenant 2

    Absolument. La ville grouille de commerçants, d'artisans, d'esclaves qui viennent de tout le Proche-Orient. Et au centre de cette effervescence se dresse la ziggourate, la fameuse tour de Babel. Babel étant simplement le nom araméen de Babylone, d'ailleurs.

  15. Intervenant 1

    Ce qui ressort des textes sur cette période, c'est vraiment le contraste entre d'un côté la perception théologique et de l'autre la réalité économique. Parce que le mythe biblique présente l'incompréhension mutuelle comme un châtiment divin.

  16. Intervenant 2

    Pour diviser les hommes,

  17. Intervenant 1

    ouais. Exactement. Mais sur le terrain, c'était surtout un cauchemar logistique. Je veux dire, comment négocier des cargaisons de blé ou des traités commerciaux quand l'interlocuteur en face utilise une syntaxe et un vocabulaire totalement opaques ?

  18. Intervenant 2

    C'est impossible.

  19. Intervenant 1

    Le besoin de traduction, il n'est pas né d'une volonté littéraire, mais d'une urgence transactionnelle.

  20. Intervenant 2

    Et si l'on relie cela au contexte global actuel, cette urgence n'a fait que s'amplifier. L'intercompréhension, ce frein majeur où chacun parle sa langue sans saisir celle de l'autre, ça coûte extrêmement cher au commerce international.

  21. Intervenant 1

    Ah, ça c'est

  22. Intervenant 2

    clair. Et bien que l'anglais se soit imposé comme langue véhiculaire, les sources insistent sur un point essentiel, c'est une solution très imparfaite, particulièrement au niveau diplomatique et institutionnel.

  23. Intervenant 1

    L'exemple donné par le document sur l'Union européenne est frappant à ce sujet. On y compte 24 langues officielles. Et la source avance un chiffre super précis pour que chaque langue soit traduite vers toutes les autres, le besoin s'élèverait à 452 traducteurs différents. Or, et c'est là que ça cloche si l'on pose l'équation, 24 multiplié par 23 combinaisons possibles, on obtient mathématiquement 552. Pourquoi on a cette différence dans les documents ?

  24. Intervenant 2

    C'est une excellente question de méthode. L'écart entre le produit mathématique pur, donc les 552, et le chiffre de 452 avancé par la source, ça illustre souvent les rationalisations internes des institutions.

  25. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  26. Intervenant 2

    Parfois, certaines combinaisons bilatérales directes, disons, du maltais vers le finnois, elles ne sont pas couvertes en permanence, donc on nécessite de passer par une langue pivot.

  27. Intervenant 1

    Comme l'anglais ou le français ?

  28. Intervenant 2

    Voilà, exactement. Mais peu importe le chiffre exact retenu à la fin, la conclusion mathématique, elle, est implacable. L'explosion combinatoire rend le traitement humain systématique totalement intenable.

  29. Intervenant 1

    Il y a juste trop de combinaisons.

  30. Intervenant 2

    Trop de combinaisons, trop de volumes.

  31. Intervenant 1

    D'où la nécessité de déléguer ce fardeau à la machine. Ce qui nous amène à la fin des années 40. En 1948, un ingénieur britannique du nom d'Andrew Booth conçoit ce qui s'apparente à un dictionnaire électronique. C'est le tout début. Mais ce n'est pas juste une simple liste de mots. Il utilise ce qu'on appelle l'analyse morphologique.

  32. Intervenant 2

    Et la subtilité technique ici, elle est cruciale. Il faut se rappeler que les mémoires informatiques de l'époque, elles étaient minuscules.

  33. Intervenant 1

    On parle de quelques kilo-octets, grand maximum.

  34. Intervenant 2

    Même pas.

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