
23 janv. 2020 · 17 min
Spécialité maths en 2019 : quels critères pour choisir ?
Dans cet épisode, suivez les questions posées par la réforme de 2019 : projet d’études, programme plus abstrait et façons d’aimer les maths.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis vraiment ravie de retrouver nos auditeurs aujourd'hui pour cette nouvelle exploration.
Intervenant 2
Bonjour à toutes et à tous, je suis ravi d'être là aussi. Surtout pour un sujet aussi... aussi brûlant, on va
Intervenant 1
dire. Brûlant, c'est le mot. Aujourd'hui, on plonge dans les grands enjeux éducatifs de notre époque, sans jargon, pour vraiment aller au fond des choses. Et on va s'attaquer à la réforme du lycée de 2019.
Intervenant 2
Ah, la fameuse réforme. Celle qui promettait une liberté totale aux lycéens, c'est ça ?
Intervenant 1
C'est ça, exactement. La promesse officielle semblait magnifique, presque libératrice. L'idée, c'était d'en finir avec les filières rigides.
Intervenant 2
Les fameux couloirs tout tracés, oui.
Intervenant 1
Voilà, pour laisser place à un lycée à la carte. Un lycée où chaque élève pourrait construire son propre parcours. Mais quelques années plus tard, il y a une matière en particulier qui a transformé ça en un véritable casse-tête stratégique. Les mathématiques.
Intervenant 2
Et c'est un sujet qui mérite vraiment qu'on s'y attarde sérieusement. Parce qu'aujourd'hui, les mathématiques cristallisent une angoisse palpable. Ah oui,
Intervenant 1
on le sent bien.
Intervenant 2
Il suffit d'écouter les discussions à la sortie des lycées en fait, ou lors des réunions parents-professeurs. On a l'impression que le choix de cette matière est devenu un pari à haut risque.
Intervenant 1
Un carrefour où se joue toute l'orientation future, dès 15 ans
Intervenant 2
quoi. Absolument, c'est vu comme une question de vie ou de mort pour la réussite de l'élève.
Intervenant 1
Et c'est exactement la mission de notre analyse d'aujourd'hui. L'objectif, c'est de dépasser un peu cette panique ambiante, d'aller au-delà des anecdotes de couloir.
Intervenant 2
Et pour ça, on s'appuie sur une enquête vraiment détaillée, publiée dans les pailles de Tangente.
Intervenant 1
Tout à fait. On va démonter la mécanique de cette fameuse spécialité maths en classe de première pour comprendre pourquoi elle génère autant de frictions.
Intervenant 2
Et je crois qu'il y a un chiffre particulier dans l'article par lequel il faut absolument commencer.
Intervenant 1
Oui, un chiffre qui revient en boucle et qu'on doit questionner. À la rentrée qui a suivi la mise en place complète de la réforme, 67% des élèves de première générale ont choisi la spécialité mathématiques.
Intervenant 2
C'est un chiffre massif en effet, et il est souvent brandi par certains observateurs pour dire que finalement rien n'a changé. Qu'il y a toujours cette espèce de suprématie des maths, c'est ça ? Exactement. Ils disent que les élèves se ruent toujours sur cette matière par pur conservatisme.
Intervenant 1
Bon, décortiquons tout ça parce que là j'ai besoin de faire l'avocat du diable. 67%, c'est deux élèves sur trois, c'est énorme pour une seule discipline.
Intervenant 2
C'est énorme, oui. Mais l'article de Tangente souligne que c'est en fait une chute drastique.
Intervenant 1
Attendez, une chute ? Par rapport à quoi ?
Intervenant 2
Par rapport à avant la réforme, avant il y avait environ 85% des élèves de terminale générale qui étudiaient les mathématiques.
Intervenant 1
Ah oui quand même ! Donc on a perdu presque 20 points de pourcentage.
Intervenant 2
Voilà. Et la question qu'on peut se poser c'est est-ce vraiment un mal finalement ?
Intervenant 1
C'est exactement ce que je me disais. Parce que historiquement, avec les anciennes filières, des milliers d'élèves se forçaient à faire des maths alors qu'ils détestaient ça.
Intervenant 2
Juste parce que c'était la fameuse voie royale, oui.
Intervenant 1
Du coup, cette baisse, est-ce que ce n'est pas simplement une correction naturelle ? Le signe que les élèves choisissent enfin ce qu'ils aiment ?
Intervenant 2
C'est une excellente question et c'est vraiment le cœur du problème. Si cette baisse ne signifiait que ça, l'abandon des maths par ceux qui n'en ont aucune envie, on pourrait s'en réjouir.
Intervenant 1
Ça serait le triomphe du lycée à la carte quoi.
Intervenant 2
Exactement. Le problème en fait, c'est la nature de cette baisse et surtout ce qui se passe pour ceux qui restent dans ces fameux 67%.
Intervenant 1
Ceux qui ont fait le choix d'y aller.
Intervenant 2
C'est ça. Ce n'est pas juste un petit ajustement statistique. C'est un changement radical de l'expérience d'apprentissage. L'enquête montre que le niveau de souffrance a explosé.
Intervenant 1
Même chez des élèves volontaires ?
Intervenant 2
Oui, même chez des élèves qui étaient plutôt bons en classe de seconde.
Intervenant 1
C'est un peu le paradoxe du club très fermé en fait. Imaginons un club qui vient de perdre une bonne partie de ses membres historiques.
Intervenant 2
On pourrait se dire que ceux qui restent ont plus d'espace, qu'ils sont entre passionnés.
Intervenant 1
Voilà. Et pourtant, de l'intérieur, on entend des cris de détresse. Pourquoi ce parcours est-il décrit comme un véritable parcours du combattant ? Qu'est-ce qui a changé dans le cours lui-même ?
Intervenant 2
Eh bien, le premier mécanisme fondamental, c'est le saut d'abstraction. En supprimant les filières, le ministère a dû créer un programme unique.
Intervenant 1
Un programme pour tout le monde, d'accord.
Intervenant 2
Un programme unique pour la spécialité, oui. Et il a été calibré sur un niveau d'exigence très très élevé, pensé pour préparer aux études scientifiques supérieures les plus dures.
Intervenant 1
Donc on ne rigole plus du tout là ?
Intervenant 2
Non. Concrètement, la marche à franchir entre la fin de la seconde et le début de la première est devenue immense.
Intervenant 1
C'est-à-dire ? On leur demande quoi exactement ?
Intervenant 2
On leur demande soudainement de manipuler des concepts très abstraits, de faire des démonstrations rigoureuses.
Intervenant 1
Alors qu'en seconde, c'était comment ?
Intervenant 2
La seconde restait beaucoup plus calculatoire, plus visuelle. Là, on plonge dans le grand bain théorique d'un coup.
Intervenant 1
D'accord, l'exigence intellectuelle a vraiment monté d'un cran. Mais matériellement parlant, ça se traduit comment dans l'emploi du temps ? On parle de combien d'heures pour digérer tout ça ?
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