
20 août 2022 · 5 min
Quels métiers des maths et de l’informatique restent peu visibles ?
Dans cet épisode audio, suivez vingt trajectoires de scientifiques pour découvrir des métiers peu visibles, dont certains sont récents.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et merci à tout notre auditoire de nous rejoindre pour cette nouvelle plongée en profondeur.
Intervenant 2
Je suis ravie d'ouvrir cette émission où l'on va prendre un instant pour imaginer un métier si nouveau, si pointu que la société peinait encore à le nommer il y a tout juste 36 mois.
Intervenant 1
Exactement. Bonjour Evelyne. Je suis ravi d'être là. On pourrait penser à, disons, une experte en cryptographie post-quantique ou bien une analyste de données par apprentissage fédéré.
Intervenant 2
Ouais, c'est fou. Et c'est justement la mission d'aujourd'hui. On va décortiquer une initiative fascinante qui s'appelle mathématiques informatiques avec elle.
Intervenant 1
C'est ça. Le but, c'est vraiment de comprendre comment ce projet, en fait, redessine complètement le paysage des carrières scientifiques.
Intervenant 2
Tout en rendant tangibles des trajectoires professionnelles qu'on ne soupçonnait même pas. Absolument ! Et pour saisir ce changement de paradigme, il faut vraiment s'éloigner des concepts purement théoriques, tu vois. Il faut s'intéresser aux individus.
Intervenant 1
Donc, observez celles qui font vivre ces disciplines au quotidien.
Intervenant 2
Voilà. L'association Femmes et Mathématiques, en partenariat avec le CCSTI de la région centre Val-de-Loire, a créé cette exposition. C'est 21 panneaux au total.
Intervenant 1
21 panneaux qui retracent les parcours de 20 jeunes femmes scientifiques, c'est bien ça ?
Intervenant 2
Oui, et ces parcours sont mis en lumière par la photographe Marie-Pierre Diterlé.
Intervenant 1
Alors, l'idée d'un tel catalogue des possibles, c'est super séduissant, mais je vais me faire un peu l'avocat du diable. On parle de mathématiques de pointe, de systèmes algorithmiques hyper complexes. En quoi le simple fait d'afficher des portraits photographiques aide-t-il à comprendre des domaines souvent perçus comme très froids ou abstraits ? Pourquoi pas des infographies ?
Intervenant 2
Eh bien, parce que l'esprit humain réagit d'abord à l'empathie sociale en fait. La photographie ne se contente pas de montrer un visage souriant. Elle ancre vraiment une équation dans une réalité tangible. En observant l'environnement de travail de ces ambassadrices, l'observateur perçoit la finalité concrète de la recherche.
Intervenant 1
Ouais, on voit l'humain derrière la machine.
Intervenant 2
C'est exactement ça. Ce n'est plus juste une ligne de code isolée sur un écran noir. C'est une personne qui cherche à sécuriser des données médicales, par exemple.
Intervenant 1
Ou optimiser des réseaux de transport urbain, j'imagine.
Intervenant 2
Tout à fait. L'image agit comme un raccourci cognitif très puissant pour révéler l'utilité sociale de la discipline.
Intervenant 1
Mais attends, il y a un point qui me chiffonne quand même par rapport à l'exposition. Elle insiste lourdement sur le fait que ces métiers sont souvent dits « invisibles ».
Intervenant 2
Oui, c'est un point central.
Intervenant 1
Or, l'intelligence artificielle, la gestion des bases de données, on en entend parler en permanence en actualité. Comment ces postes peuvent-ils passer sous les radars du grand
Intervenant 2
public ? Ce qui fait la une de l'actualité, c'est le produit fini, le robot conversationnel, l'application grand public.
Intervenant 1
Ah, je vois, la partie émergée de l'iceberg.
Intervenant 2
Voilà. Mais toute la mécanique interne, ce qui permet à ces outils de fonctionner en toute sécurité, ça reste dans l'ombre.
Intervenant 1
Donc ça vient d'où cette invisibilité ? De la complexité ?
Intervenant 2
Pas d'un des intérêts en tout cas, mais plutôt d'une asymétrie de vitesse. L'évolution technologique est fulgurante, du coup elle crée des niches d'expertise hyper spécialisées, à un rythme que le vocabulaire de notre société peine à suivre.
Intervenant 1
Même les conseillers d'orientation doivent être perdus.
Intervenant 2
Mais complètement.
Intervenant 1
Donc, si je comprends bien, la technologie avance si vite qu'elle génère des secteurs d'activité entiers avant même qu'on ait eu le temps d'en écrire la définition formelle. C'est
Intervenant 2
tout à fait ça. Prends l'exemple d'une ingénieure spécialisée dans la détection des biais algorithmiques en temps réel. C'est un besoin crucial aujourd'hui, mais c'était quasiment de la science-fiction il y a dix ans. L'exposition vient justement combler cette asymétrie. Elle met un nom, un visage et un contexte sur ces nouvelles réalités.
Intervenant 1
Et pour combattre cette vitesse d'évolution, il faut une méthode de diffusion tout aussi rapide. Et c'est là que la forme du projet est hyper astucieux.
Intervenant 2
Ah oui, c'est très bien pensé !
Intervenant 1
L'exposition physique est proposée en prêt gratuit, parfait pour les bibliothèques. Le site internet offre des vidéos, des témoignages. Mais le détail le plus marquant ?
Intervenant 2
C'est la mise à disposition des fichiers.
Intervenant 1
Exactement. N'importe quelle structure peut dupliquer les panneaux.
Intervenant 2
Et ça, c'est le point de bascule. En rendant les fichiers duplicables, le projet applique littéralement la philosophie de l'open source à la culture scientifique.
Intervenant 1
C'est brillant. Une exposition traditionnelle, enfermée dans un musée, deviendrait obsolète en deux ans. Ici, on a une sorte de code source culturel. Ce
Intervenant 2
qu'on peut télécharger et imprimer partout,
Intervenant 1
oui. Le libre accès élimine la friction matérielle et financière. La connaissance circule librement. Donc ça permet d'infiltrer tous les territoires, même ceux qui sont super éloignés des grands pôles d'innovation.
Intervenant 2
En somme, on déconstruit les stéréotypes. L'abstraction algorithmique laisse place à une galerie de visages bien réelle en open source. C'est indispensable pour que la société s'approprie ces enjeux au lieu de les subir.
Intervenant 1
Ce qui laisse d'ailleurs une réflexion fascinante en suspens pour conclure cette analyse. Si les métiers d'aujourd'hui n'existaient même pas il y a cinq ans, à quoi ressembleront les algorithmes de la prochaine décennie ? Et surtout, qui osera les inventer ?
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