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19 mars 2018 · 5 min

Projet de réforme du lycée : pouvait-on choisir sans maths ?

Dans ce podcast, suivez le débat de 2018 sur la place des maths au lycée, entre socle commun, spécialités et refonte annoncée du bac.

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  1. Intervenant 1

    Bonjour et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Très heureux d'être là pour cette nouvelle analyse. Aujourd'hui, on s'attaque à un sujet massif, la réforme du lycée et la refonte du baccalauréat.

  2. Intervenant 2

    Salut. Oui, un très gros morceau. C'est vraiment une métamorphose complète de notre structure scolaire, en fait.

  3. Intervenant 1

    Exactement. Et l'objectif aujourd'hui, c'est de décortiquer comment ça marche concrètement, cette mécanique, tout en regardant les sources qu'on a épluchées, qui pointent une controverse assez vive, notamment sur la place des mathématiques.

  4. Intervenant 2

    C'est ça. On délaisse un système hyper-rigide, avec les anciennes filières, pour une architecture censée offrir plus de flexibilité.

  5. Intervenant 1

    Mais avec un vrai paradoxe, non ?

  6. Intervenant 2

    Complètement. Le paradoxe, c'est que dans cette refonte, un élément central a purement et simplement disparu des radars du tronc commun. Les maths.

  7. Intervenant 1

    C'est un changement de paradigme radical. Parce que pour comprendre ce nouveau bac, il faut d'abord regarder l'emploi du temps de première et terminale. Fini les séries traditionnelles SESL.

  8. Intervenant 2

    Absolument. À la place, on a un socle de culture commune. Ça représente 16 heures de cours en première, mais totalement dépourvues de mathématiques.

  9. Intervenant 1

    Zéro heure ? Enfin si, il y a deux heures de... Attends, c'est quoi le nom du module ?

  10. Intervenant 2

    C'est Humanité scientifique et numérique.

  11. Intervenant 1

    Voilà. Mais bon, c'est pas des maths à proprement parler. Les mathématiques deviennent une simple spécialité, avec 4 heures en première et 6 heures en terminale.

  12. Intervenant 2

    Et puis il y a des options, genre les maths complémentaires ou expertes, mais ça c'est accessible uniquement en terminale.

  13. Intervenant 1

    Du coup, c'est vraiment un menu à la carte.

  14. Intervenant 2

    Exactement. L'élève choisit ses modules. Et c'est là que l'article souligne un point de tension majeur. Si un élève, même avec un profil scientifique, ne fait pas la démarche active de choisir la spécialité maths, sa formation s'arrête là.

  15. Intervenant 1

    C'est un peu fou. Pour vulgariser, c'est comme si on proposait un menu au restaurant où les protéines devenaient une option complètement facultative, même pour des futurs athlètes de haut niveau.

  16. Intervenant 2

    C'est une excellente image, ouais. Et l'ironie de l'histoire, c'est que cette réforme arrive juste après le rapport Villani-Torossien.

  17. Intervenant 1

    Ah oui, le rapport qui martelait l'urgence vitale de renforcer les sciences en France.

  18. Intervenant 2

    C'est ça. Donc l'incohérence est frappante. Ça a d'ailleurs déclenché pas mal de pétitions en ligne, notamment sur change.org.

  19. Intervenant 1

    Ouais, le décalage est saisissant. Mais concrètement, si le menu à la carte change radicalement au lycée, l'évaluation finale a dû s'adapter aussi, non ? Comment s'organise ce fameux nouveau bac ?

  20. Intervenant 2

    Eh bien, l'article qu'on étudie soutient plutôt cette partie-là de la réforme. L'examen unique de fin d'année devient en partie obsolète. On passe à un contrôle continu qui pèse pour 40% de la note finale.

  21. Intervenant 1

    40%, ah oui ? C'est énorme.

  22. Intervenant 2

    Oui, et sur ces 40%, il y en a 10 qui sont basés directement sur les bulletins scolaires, pour primer la régularité du travail.

  23. Intervenant 1

    D'accord. Et donc les 60% restants, c'est le bac final, c'est ça ?

  24. Intervenant 2

    Voilà, avec le français en première, la philosophie en terminale, deux épreuves de spécialité et une grande nouveauté.

  25. Intervenant 1

    Le fameux grand oral.

  26. Intervenant 2

    Exactement, un oral inédit de 20 minutes qui est basé sur un projet que l'élève prépare depuis la classe de première.

  27. Intervenant 1

    Ok, sur le papier, ça a l'air super moderne. Mais il y a un plus qui m'interpelle sur le contrôle continu. Par nature, c'est quand même le royaume de la subjectivité, non ? Un 12 sur 20 ici, ça vaut pas forcément un 12 dans un autre lycée.

  28. Intervenant 2

    C'est le point de friction majeur et tu mets le doigt dessus. Pour garantir l'équité nationale, ils ont dû mettre en place une ingénierie ultra complexe.

  29. Intervenant 1

    Genre quoi ?

  30. Intervenant 2

    Ils ont créé une banque nationale numérique de sujets. Les profs piochent dedans pour les évaluations. Et les copies sont ensuite anonymisées avant d'être corrigées par d'autres professeurs.

  31. Intervenant 1

    Attends, vraiment ? Donc en voulant instaurer un contrôle continu local, on déploie une usine à gaz pour le standardiser complètement ?

  32. Intervenant 2

    C'est totalement paradoxal, ouais. C'est le défi de cette harmonisation à l'échelle nationale. On veut de la proximité, mais on industrialise la correction pour qu'elle soit inattaquable.

  33. Intervenant 1

    C'est fascinant. Donc, si on synthétise un peu les analyses de nos sources aujourd'hui, on a une réforme qui marche vraiment sur deux jambes très

  34. Intervenant 2

    différentes. Tout à fait. D'un côté, une refonte de l'évaluation qui est plutôt moderne, plutôt approuvée avec ce grand oral et ce contrôle continu.

  35. Intervenant 1

    Et de l'autre côté, une vraie marginalisation des mathématiques hors du tronc commun qui inquiète pas mal quant à l'avenir scientifique.

  36. Intervenant 2

    Surtout dans la société actuelle en fait.

  37. Intervenant 1

    Oui. Ce qui m'amène à une petite pensée provocatrice pour clore ce décryptage. Si les mathématiques passent du statut de langage universel imposé à tout le monde à celui de simple option choisie par quelques-uns.

  38. Intervenant 2

    Oui.

  39. Intervenant 1

    Comment est-ce que ça va modifier notre capacité collective en tant que citoyen à décrypter un monde qui est de plus en plus régi par les données et les algorithmes ?

  40. Intervenant 2

    C'est une vraie question vertigineuse et ça laisse vraiment à réfléchir.

  41. Intervenant 1

    Voilà de quoi prolonger la réflexion. Merci d'avoir suivi cette analyse et à très bientôt pour un nouveau décryptage.

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