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20 févr. 2024 · 8 min

Pourquoi les fractions parlent-elles de fracture ?

Dans cet épisode audio, remontez le fil des mots, de « fraction » à « numérateur », et découvrez ce qu’ils disent de l’ancienne manière de penser ces nombres.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va faire une exploration vraiment fascinante des sources de l'article « Les mots des fractions ».

  2. Intervenant 2

    Ouais, un très bel article d'ailleurs.

  3. Intervenant 1

    Ah oui, et alors préparez-vous parce qu'imaginez qu'une simple équation mathématique puisse être reliée à un rituel religieux du XIIe siècle, à une rébellion armée même, et à une erreur de traduction linguistique complètement monumentale.

  4. Intervenant 2

    C'est fou quand on y pense.

  5. Intervenant 1

    Grave. Donc notre mission aujourd'hui, c'est de comprendre comment le vocabulaire qu'on utilise au quotidien, il façonne notre façon de concevoir les maths. Je suis vraiment fascinée par ce sujet.

  6. Intervenant 2

    Et à juste titre, parce que l'histoire, elle commence concrètement avec le mot fraction lui-même. Dans son sens mathématique actuel, il apparaît vers 1549 sous la plume d'un poète et mathématicien qui s'appelle Jacques Pellotier-Dumant.

  7. Intervenant 1

    D'accord.

  8. Intervenant 2

    Et en fait, le terme vient du latin tardif fractio, qui lui-même vient du verbe frangérer, qui veut dire briser.

  9. Intervenant 1

    Ah, donc casser quelque chose, quoi.

  10. Intervenant 2

    C'est ça. À cette époque, on ne voit pas du tout la fraction comme un concept abstrait, mais vraiment comme un objet physique qu'on a cassé, en fait.

  11. Intervenant 1

    Ok, je vois. Donc, si je prends l'analogie d'une tablette de chocolat, si je prends ma tablette et que je la brise, chaque morceau est forcément plus petit que ma tablette de départ.

  12. Intervenant 2

    Ouais, logique.

  13. Intervenant 1

    Est-ce que ça veut dire que, dans l'esprit des mathématiciens de l'époque, une fraction, ça ne pouvait représenter qu'une valeur qui était inférieure à 1 ?

  14. Intervenant 2

    Ah bah absolument ! C'était la limite qui était imposée par le langage lui-même.

  15. Intervenant 1

    Ah ouais, ouais.

  16. Intervenant 2

    Bah oui, écrire un tiers ça avait du sens, c'était une fraction d'un tout. Mais écrire cinq tiers, bah ça posait un sérieux problème logique.

  17. Intervenant 1

    Bah oui, on peut pas avoir cinq morceaux d'un truc qui en contient trois.

  18. Intervenant 2

    Exactement. Donc pour tout ce qui dépassait l'unité, on utilisait un autre terme, on parlait de nombre rompu.

  19. Intervenant 1

    Nombre rompu, ouais.

  20. Intervenant 2

    Oui, c'est-à-dire un entier qui était accompagné d'une fraction. Et cette notion de rupture, elle était d'ailleurs très ancrée dans la société à l'époque. Au Moyen-Âge, l'usage premier du mot fraction, c'était religieux.

  21. Intervenant 1

    Ah, la fraction de l'hostie !

  22. Intervenant 2

    Voilà, il s'agissait de rompre le pain, de rompre le sti pendant la messe, c'est ça.

  23. Intervenant 1

    D'accord. C'est vrai que le vocabulaire religieux qui infuse l'arithmétique comme ça, c'est un secret grand écart.

  24. Intervenant 2

    Oui, c'est sûr.

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