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12 oct. 2018 · 14 min

Photos de plage : comment apprend un réseau de neurones ?

Dans cet épisode audio, suivez pas à pas le tri de photos de plage, du choix d’un seuil à l’apprentissage des poids d’un réseau de neurones.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente.

  2. Intervenant 2

    Salut Anne.

  3. Intervenant 1

    Et un grand mot de bienvenue à toutes les personnes qui nous écoutent pour cette nouvelle exploration. Aujourd'hui, on va tenter une petite expérience de pensée.

  4. Intervenant 2

    Oh, j'aime bien ça, je suis prêt.

  5. Intervenant 1

    Imaginons un instant devoir expliquer le concept de plage, tu sais, la mer, le sable, mais à une entité logicielle complètement aveugle.

  6. Intervenant 2

    D'accord. Une machine qui ne voit que des grilles de nombres, en gros.

  7. Intervenant 1

    Exactement. Ça a l'air bête comme point de départ, mais c'est en fait vertigineux. On va vraiment ouvrir le capot de l'intelligence artificielle aujourd'hui.

  8. Intervenant 2

    Oui. Et on va regarder ce qui s'y passe réellement sans tout le blabla de science-fiction qu'on entend d'habitude.

  9. Intervenant 1

    Pour ça, notre plongée s'appuie sur les travaux de Timothée Lacroix et Neil Zeguidour, qui sont chercheurs chez Facebook AI Research à Paris.

  10. Intervenant 2

    C'est ça.

  11. Intervenant 1

    Notre mission, c'est de partir d'un truc super basique, le tri de photos de vacances, pour aller jusqu'au mystère non résolu des réseaux de neurones.

  12. Intervenant 2

    Et c'est un cadre super important parce que ça dissipe tout de suite cette idée de magie.

  13. Intervenant 1

    Il n'y a pas de magie, du coup.

  14. Intervenant 2

    Bah non, quand on parle d'apprentissage automatique, c'est pas une machine qui pense ou qui comprend les choses comme nous.

  15. Intervenant 1

    C'est quoi alors ?

  16. Intervenant 2

    C'est de la statistique pure, de la géométrie et de l'optimisation mathématique. Le but aujourd'hui, c'est vraiment de montrer que c'est une mécanique implacable.

  17. Intervenant 1

    Bon, décortiquons un peu tout ça. Le problème de base dans nos sources, c'est hyper concret. On a un album de milliers de photos de vacances.

  18. Intervenant 2

    Et il faut les trier.

  19. Intervenant 1

    Voilà, en deux dossiers, plages et autres.

  20. Intervenant 2

    La première idée, la plus naïve en fait, c'est d'utiliser juste la couleur.

  21. Intervenant 1

    Bah oui, la plage c'est du sable, le sable c'est jaune, donc on cherche le jaune.

  22. Intervenant 2

    C'est ça. Et la machine, elle va analyser les valeurs numériques des canaux RVB, tu sais, rouge, vert, bleu, de chaque pixel.

  23. Intervenant 1

    Pour le jaune, il faut quoi ? Beaucoup de rouge et de vert et peu de bleu ?

  24. Intervenant 2

    Exactement. Le problème mathématique ici, c'est pas de capter la couleur, c'est de définir la frontière.

  25. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  26. Intervenant 2

    À partir de quelle quantité exacte de jaune, on décrète que l'image va dans le dossier plage.

  27. Intervenant 1

    Ah oui, c'est la fameuse fonction de décision avec un seuil. En fait, c'est un peu comme régler en thermostat la maison.

  28. Intervenant 2

    C'est une bonne analogie.

  29. Intervenant 1

    Si on règle le seuil super haut, le système devient ultra exigeant. Il va vouloir que toute la photo soit jaune.

  30. Intervenant 2

    Et là, paf, tu rejettes des vraies photos de plage juste parce qu'il y a trop de ciel bleu ou trop de mer dans le cadre.

  31. Intervenant 1

    Ouais. Et à l'inverse, si on met le seuil trop bas, il laisse tout passer. Une photo du salon avec une ampoule un peu jaune, hop, c'est classé comme plage.

  32. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Il faut donc trouver le réglage parfait. Et la méthode scientifique pour ça, c'est l'ensemble d'entraînements.

  33. Intervenant 1

    On prend un petit échantillon de photos pour s'entraîner,

  34. Intervenant 2

    quoi. Ouais, disons une cinquantaine de photos. On les classe à la main, nous-mêmes.

  35. Intervenant 1

    D'accord.

  36. Intervenant 2

    Et ça devient notre terrain de test. L'algorithme va essayer plein de seuils différents sur ces 50 images. Et à chaque erreur, hop, on lui met une pénalité, généralement fixée à

  37. Intervenant 1

    1. Donc si je comprends bien, on cherche juste le seuil qui donne la pénalité moyenne la plus basse.

  38. Intervenant 2

    C'est tout à fait mécanique. Et ce qui est fascinant ici, c'est ce principe de généralisation.

  39. Intervenant 1

    La généralisation ?

  40. Intervenant 2

    Oui, si ton échantillon de 50 photos est bien représentatif de tout ton album, la performance que tu obtiens sur cet échantillon sera à peu près la même sur tes milliers de photos.

  41. Intervenant 1

    Sauf que, baser tout un système sur le simple comptage de pixels jaunes, ça me paraît super limité.

  42. Intervenant 2

    Ah bah, c'est d'une pauvreté affligeante.

  43. Intervenant 1

    Bah oui ! Imagine, on veut trier, je sais pas, des races de chiens ou repérer des vélos. La couleur globale, ça sert plus à rien.

  44. Intervenant 2

    Un vélo, ça peut être rouge, bleu, en plein soleil...

  45. Intervenant 1

    Et la règle du seuil unique, elle s'effondre complètement là.

  46. Intervenant 2

    Totalement ! Face à la complexité du monde réel, il a fallu passer à des fonctions beaucoup plus riches.

  47. Intervenant 1

    Et c'est là qu'entrent en scène les fameux réseaux de neurones.

  48. Intervenant 2

    Exactement. Un neurone artificiel, il faut le voir comme une petite fonction élémentaire qui fait son boulot en deux étapes.

  49. Intervenant 1

    Ok, c'est quoi la première étape ?

  50. Intervenant 2

    D'abord, il prend plein de valeurs en entrée, comme la valeur des pixels, et il en fait une moyenne pondérée. Chaque entrée est multipliée par un poids.

  51. Intervenant 1

    Un poids, c'est comme un coefficient d'importance en fait ?

  52. Intervenant 2

    C'est ça. Et la deuxième étape hyper importante, c'est qu'il passe ce résultat dans une fonction non linéaire. C'est ce qu'on appelle la fonction d'activation.

  53. Intervenant 1

    Les sources parlent de la fonction Signe pour illustrer ça.

  54. Intervenant 2

    Oui, c'est un mécanisme très binaire.

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