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18 févr. 2021 · 6 min

Photogrammétrie : des photos aux fouilles virtuelles

Dans cet épisode audio, suivez comment des images prises sous plusieurs angles deviennent un modèle 3D, puis un outil pour les fouilles archéologiques.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Eh bien, bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va imaginer un instant de voir reconstruire une épave sous-marine. Et ça, millimètre par millimètre, dans une obscurité presque totale.

  2. Intervenant 2

    Ouais, c'est le genre de défi qui semble complètement irréalisable sur le papier.

  3. Intervenant 1

    Totalement. Et pourtant, notre objectif dans cette exploration approfondie de nos sources du jour, c'est de comprendre comment la géométrie rend exactement ça possible. On va décortiquer comment une technique, la photogrammétrie, transforme de simples photos 2D en modèles 3D d'une précision vraiment redoutable.

  4. Intervenant 2

    Ah, le saut technologique est vraiment vertigineux. En fait, on ne se contente plus du tout de capturer une image plate. On va vraiment recréer un volume géométrique qu'on peut manipuler dans un espace virtuel.

  5. Intervenant 1

    Mais attends, une photographie, par définition, c'est plat. Comment on parvient mathématiquement à tromper un algorithme pour lui retrouver une profondeur qui n'existe physiquement pas sur l'image ?

  6. Intervenant 2

    L'astuce repose sur un principe physique et géométrique très concret, la parallaxe.

  7. Intervenant 1

    La parallaxe, d'accord.

  8. Intervenant 2

    Ouais, c'est le décalage apparent de la position d'un objet quand on le regarde sous des angles différents. En gros, pour visualiser, il suffit de placer un doigt devant son visage et de fermer alternativement l'œil gauche puis l'œil droit.

  9. Intervenant 1

    Ah oui, le doigt semble sauter de gauche à droite par rapport à l'arrière-plan.

  10. Intervenant 2

    Exactement.

  11. Intervenant 1

    Donc la perception de la profondeur se crée grâce à ce décalage d'angle. En fait, c'est tout à fait la mécanique de notre propre vision stéréoscopique. Le cerveau croise deux images légèrement différentes pour évaluer les distances.

  12. Intervenant 2

    C'est ça. C'est exactement le même principe, mais poussé, on va dire, à une échelle industrielle.

  13. Intervenant 1

    D'accord.

  14. Intervenant 2

    L'ordinateur, lui, ne se limite pas à deux yeux. Le logiciel va analyser des dizaines, voire des centaines de photos d'un même objet. Et son travail, ça consiste à traquer ce qu'on appelle des points homologues.

  15. Intervenant 1

    Des points homologues, c'est-à-dire ?

  16. Intervenant 2

    Eh bien, concrètement, il identifie un pixel très spécifique, disons la raie d'une pierre. Et il va chercher cette même coordonnée exacte sur toutes les autres photos prises depuis des positions différentes.

  17. Intervenant 1

    Waouh ! Donc si on file l'analogie, c'est un peu comme si on avait une centaine d'yeux dispersés autour de cette pierre et qui observent tous exactement la même arête à la même milliseconde. Le défi mathématique pour réconcilier toutes ces rétines, ça doit être colossal.

  18. Intervenant 2

    Ah ben, c'est là que la puissance de calcul moderne entre en jeu. L'algorithme croise tous ces regards simultanés et il utilise bêtement la trigonométrie pour calculer l'intersection exacte des rayons lumineux.

  19. Intervenant 1

    Ouais, et triangule en

  20. Intervenant 2

    fait. Voilà. Il triangule la position de chaque pixel dans l'espace en faisant des millions d'opérations à la seconde. Pour donner un point de repère familier, c'est cette même mécanique de triangulation géométrique qui permet au système de reconnaissance faciale d'un smartphone de cartographier le relief d'un visage.

  21. Intervenant 1

    Ah mais oui, bien sûr ! Et donc la règle d'or, c'est que plus on multiplie les points de vue, plus la représentation 3D gagne en fidélité.

  22. Intervenant 2

    C'est implacable, oui. Plus on a d'angle de vue, plus le nuage de points générés est dense.

  23. Intervenant 1

    Et cette capacité mathématique à figer la géométrie dans l'espace, elle prend une ampleur inédite à grande échelle, surtout avec l'utilisation systématique des drones aujourd'hui. Quelles sont les conséquences directes pour les chercheurs sur le terrain, par exemple ?

  24. Intervenant 2

    Alors, l'archéologie, c'est vraiment le cas d'école. L'outil est devenu juste incontournable. Les chercheurs exploitent ces nullages de points pour enregistrer l'état topographique exact d'un site. Et ça, avant même le premier coup de truelle.

  25. Intervenant 1

    Ah oui, puis tout au long du processus de fouilles, j'imagine.

  26. Intervenant 2

    Tout à fait.

  27. Intervenant 1

    Au lieu de faire un simple croquis, c'est un peu comme créer des points de sauvegarde spatiaux dans un jeu vidéo pour pouvoir y revenir plus tard, en fait. On fige les coordonnées de chaque grain de sable ou de chaque fragment de poterie.

  28. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie. Et ça permet de réaliser ce qu'on appelle des fouilles virtuelles. Parce que bon, le site physique, il est inévitablement détruit par l'acte même de fouiller.

  29. Intervenant 1

    Bien sûr, on creuse, on enlève des couches.

  30. Intervenant 2

    Voilà ! Mais son double mathématique, lui, il survit. Il reste explorable à l'infini. Cela dit, là où le procédé démontre une supériorité technique vraiment inattendue, c'est sur les sites immergés.

  31. Intervenant 1

    Attends, sous l'eau ?

  32. Intervenant 2

    Mais la lumière est réfractée, l'eau déforme les perspectives, il y a des particules en suspension partout. Est-ce que cette distorsion optique ne casse pas complètement la logique de triangulation géométrique du logiciel ?

  33. Intervenant 1

    L'objection est tout à fait légitime. L'environnement sous-marin, c'est un cauchemar optique. Mais c'est précisément ce qui rend la photogrammétrie moderne si fascinante.

  34. Intervenant 2

    D'accord. Les alburitmes actuels, ils intègrent des équations qui sont capables de modéliser et de corriger l'indice de réfraction de l'eau en temps réel.

  35. Intervenant 1

    Oh purée, c'est fort ! Donc là où un plongeur est limité par sa vision troublée, le logiciel lui redresse la géométrie ? Mais l'article évoque aussi la capacité de dévoiler des artefacts qui sont carrément enfouis sous les sédiments. L'objectif d'un appareil photo, il ne voit pas à travers la boue, on est d'accord. Comment un calcul géométrique basé sur l'image peut révéler ce qui est enterré ?

  36. Intervenant 2

    En effet, l'optique ne traverse pas la matière. En réalité, le logiciel cartographie la surface visible du fond marin avec une densité tellement extrême qu'il détecte de toutes petites variations topographiques sur le sable.

  37. Intervenant 1

    Ah d'accord, je vois.

  38. Intervenant 2

    Un renflement géométrique vraiment infime, imperceptible à l'œil nu, ça va trahir la présence d'un objet qui est recouvert d'une fine couche de sédiments. La rigueur des mathématiques, elle élimine carrément la part de hasard de l'exploration par les plongeurs.

  39. Intervenant 1

    C'est captivant de réaliser que l'alliance de la trigonométrie, des pixels et de cette puissance de calcul, ça offre un outil d'investigation d'une rigueur aussi redoutable. En fait, on fait plus qu'observer l'environnement de manière passive, on le capture sous forme de données géométriques définitives.

  40. Intervenant 2

    Absolument. La réalité physique, elle est transformée en une matrice mathématique qui est mesurable sous tous ses angles. Et ça, même des décennies après la prise de vue.

  41. Intervenant 1

    Ce qui amène du coup une réflexion assez vertigineuse pour clore cette exploration. Sachant que la photogrammétrie permet de créer ces fouilles virtuelles d'une précision absolue, à partir de n'importe quel environnement, on peut se poser une question. Ne pourrait-on pas considérer que chaque espace ainsi numérisé transforme finalement notre présent immédiat en un vestige archéologique déjà figé pour l'éternité ?

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