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22 nov. 2016 · 5 min

Petit théorème de Fermat : pourquoi 341 trompe le test

Dans cet épisode audio, suivez le test issu du petit théorème de Fermat, son échec sur 341, puis la réduction du risque d’erreur par Rabin-Miller.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à l'écoute de cette exploration sur le podcast du magazine Tangente. D'habitude, quand on cherche à vérifier une vérité scientifique, on s'attend à une réponse binaire. C'est vrai ou c'est faux ?

  2. Intervenant 2

    Ben oui, on veut que ce soit clair, quoi.

  3. Intervenant 1

    C'est ça. L'interrupteur, il est soit allumé, soit éteint.

  4. Intervenant 2

    Et c'est une clarté qu'on recherche particulièrement en sciences exactes, en fait.

  5. Intervenant 1

    Sauf que, quand on plonge dans la théorie des nombres, et plus particulièrement dans la traque des nombres premiers, cet interrupteur a parfois, disons, d'étranges faux contacts.

  6. Intervenant 2

    C'est le paradoxe fascinant qu'on explore aujourd'hui.

  7. Intervenant 1

    Exactement. Et on se base sur un super article intitulé « pratique du petit théorème ». Notre mission aujourd'hui, c'est de décrypter les méthodes mathématiques qui permettent de vérifier si un nombre est réellement premier. Et on va voir pourquoi, de façon assez contre-intuitive, la méthode la plus simple n'est pas toujours celle qui offre une certitude absolue.

  8. Intervenant 2

    Alors, le point de départ de cette quête, il s'appuie sur le petit théorème de Fermat. En gros, plutôt que d'essayer de diviser un nombre immense par tous les nombres précédents, ce qui prendrait un temps infini, on lui fait subir une sorte de test d'effort.

  9. Intervenant 1

    Un crash-test un peu.

  10. Intervenant 2

    Voilà, c'est ça. On prend un nombre au hasard, on teste si sa puissance P-1 est égale à 1, modulo P, et si la théorie tient la route et que le reste de la division n'est pas strictement égal à 1, notre candidat est définitivement un imposteur, il n'est pas premier.

  11. Intervenant 1

    Donc il est recalé d'office.

  12. Intervenant 2

    Directement. Et l'avantage, c'est qu'informatiquement, ce petit test est une rapidité redoutable.

  13. Intervenant 1

    Bon, décortiquons tout ça. Si on suit cette logique, ce test d'effort, il agit un peu comme un physionomiste de boîte de nuit très expéditif, tu vois.

  14. Intervenant 2

    Ah, j'aime bien cette analogie !

  15. Intervenant 1

    Il jette un coup d'œil très rapide à un détail de la carte d'identité. Ça lui permet d'analyser un flux massif de candidats à une vitesse folle. Sauf que fatalement, ce physionomiste a une faille. Il se laisse parfois berner par de fausses cartes d'identité.

  16. Intervenant 2

    Des contrefaçons très spécifiques. L'article mentionne d'ailleurs l'exemple précis du nombre 341. 341 passe ce test d'effort haut la main. Sous cet angle précis, il a le masque parfait d'un nombre premier alors qu'en fait c'est le produit de 11 par 31.

  17. Intervenant 1

    D'accord, donc c'est un faux positif.

  18. Intervenant 2

    C'est le problème, ouais. Mais pour pallier cette faille, les mathématiciens Michael Rabin, qui est né en 1931, et Gary Miller, né en 1948, ont proposé une évolution majeure. Au lieu que le physionomiste vérifie un seul détail au hasard, on va le forcer à vérifier une multitude de critères différents, pour un certain nombre de valeurs qu'on appelle K.

  19. Intervenant 1

    Donc on multiplie les contrôles.

  20. Intervenant 2

    Exactement. En multipliant ces tests indépendants, le risque qu'un imposteur ait le masque parfait à chaque fois s'effondre. La probabilité d'erreur chute drastiquement à 1 sur 4 à la puissance k.

  21. Intervenant 1

    Ah oui, ce qui devient très vite négligeable en fait.

  22. Intervenant 2

    Ah bah totalement. Pour donner un ordre d'idée tiré du texte, pour des nombres inférieurs à 25 milliards, la probabilité d'erreur n'est que d'environ 2 fois 10 puissance moins 5.

  23. Intervenant 1

    C'est microscopique.

  24. Intervenant 2

    Vraiment.

  25. Intervenant 1

    Mais, et c'est là que ça devient intéressant, voilà où ça coince d'un point de vue purement logique. Ça reste de la probabilité. Comment est-ce qu'on fait pour passer de cette très forte probabilité à une certitude absolue sans que le calcul ne prenne des années ?

  26. Intervenant 2

    Et bien c'est justement cette quête du déterminisme pur qui a mené à une percée majeure en août 2002.

  27. Intervenant 1

    D'accord.

  28. Intervenant 2

    Trois chercheurs indiens, Manidra Agrawal, Neeraj Kayal et Nitin Saxena, ont publié le test AKS.

  29. Intervenant 1

    Le fameux test AKS ?

  30. Intervenant 2

    Voilà, et contrairement à Miller-Habin, AKS est purement déterministe. Ils utilisent une formule rigoureuse. En gros, grand X moins petit a, le tout à la puissance p, égale grand X à la puissance p moins petit a modulo p.

  31. Intervenant 1

    Oulah, attends. Le problème, c'est que évaluer tous les coefficients de ce polynôme, ça demande un temps absolument prohibitif. C'est comme devoir compter chaque grain de sable d'une plage.

  32. Intervenant 2

    C'est vrai, les ordinateurs satureraient complètement. Mais c'est là qu'intervient leur astuce géniale.

  33. Intervenant 1

    Pour

  34. Intervenant 2

    rendre le test effectif, ils évaluent l'identité modulo un autre polynôme, x puissance r moins 1.

  35. Intervenant 1

    Ok, donc ce modulo il agit un peu comme une boîte rigide qui va limiter la taille du problème.

  36. Intervenant 2

    C'est ça. Pour des valeurs de R convenables et un certain nombre de valeurs de A, on sait avec une certitude déterministe si P est premier.

  37. Intervenant 1

    C'est fascinant. Ça nous laisse une vraie dualité en fait. On a le choix entre un test probabiliste ultra rapide, comme Miller-Rabbin, et ce test déterministe infaillible, KAKS. Ce

  38. Intervenant 2

    qui m'amène à une réflexion finale assez provocatrice d'ailleurs.

  39. Intervenant 1

    Je t'écoute.

  40. Intervenant 2

    Si l'approche probabiliste était déjà suffisamment fiable pour l'immense majorité des cas pratiques, avec des risques d'erreurs

  41. Intervenant 1

    infimes d'exploration, et à très bientôt.

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