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25 mars 2019 · 16 min

Pendule cycloïdal : trois propriétés, une même courbe

Dans cet épisode audio, suivez le fil guidé par des gouttières cycloïdales et découvrez l’isochronie, la tautochronie et la brachistochronie.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à toutes et à tous dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va démarrer avec une petite situation imaginaire. Si on prenait une horloge, disons de la fin du XVIe siècle, et qu'on la plaçait sur un bateau en pleine tempête, l'équipage serait presque certain de se perdre en mer.

  2. Intervenant 2

    Ah bah oui, totalement. Le simple mouvement des vagues, le roulis du navire, ça forcerait le mécanisme de l'horloge à se balancer beaucoup trop fort.

  3. Intervenant 1

    Et ça, ça tord littéralement les lois de la physique, quoi.

  4. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Ça altère complètement la mesure du temps, en fait.

  5. Intervenant 1

    Donc aujourd'hui, dans notre exploration, on s'attaque à un objet super quotidien, très simple en apparence, le pendule.

  6. Intervenant 2

    Un objet fascinant.

  7. Intervenant 1

    Oui, on oublie vraiment la magie qu'il renferme. Plus précisément, on va se baser sur un excellent article de Tangente pour se concentrer sur ce qu'on appelle le pendule cycloïdal. Le but de notre analyse, pour notre public, c'est de comprendre comment un simple poids au bout d'une ficelle a carrément résolu un des plus gros problèmes de la navigation mondiale.

  8. Intervenant 2

    Rien que ça ?

  9. Intervenant 1

    Rien que ça, oui. Et tout ça grâce à trois propriétés mathématiques qui ont des noms un peu barbares mais vraiment passionnants. Isochrone, totochrone et brachistochrone. Bon, on va décortiquer tout ça.

  10. Intervenant 2

    Et c'est une excellente plongée parce que derrière ce mouvement de va-et-vient, derrière ce balancier qui a l'air un peu bête, il y a la réponse super élégante à des problèmes de physique qui ont tenu en échec les plus grands esprits.

  11. Intervenant 1

    Pendant des siècles en plus.

  12. Intervenant 2

    Oui, pendant des siècles. Ce n'est pas juste un objet qui oscille, c'est vraiment une clé de voûte de la mécanique classique.

  13. Intervenant 1

    Ok, mais du coup, avant de comprendre la solution parfaite, je crois qu'il faut vraiment saisir le problème de base, non ?

  14. Intervenant 2

    Absolument. Il faut comprendre pourquoi ça bloquait intellectuellement.

  15. Intervenant 1

    Et pour ça, il faut remonter loin dans le temps.

  16. Intervenant 2

    Très loin,

  17. Intervenant 1

    ouais. Jusqu'au quatrième siècle avant notre ère, avec Aristote. Aristote, il observe une masse qui se balance au bout d'un fil. Et pour la pensée de l'époque, c'est un énorme paradoxe.

  18. Intervenant 2

    Bah oui, parce que la théorie dominante, c'était que chaque chose cherche à rejoindre ce qu'ils appelaient son lieu naturel.

  19. Intervenant 1

    Son lieu naturel, ouais. Donc pour un objet lourd, ce lieu, c'est le bas vers le centre de la Terre. La grosse question, c'était pourquoi la masse ne rejoint-elle pas directement ce point bas pour s'y figer ?

  20. Intervenant 2

    C'est ça. Pourquoi elle ne s'arrête pas net ?

  21. Intervenant 1

    C'est un peu comme si on regardait un enfant sur une balançoire et qu'on s'attendait à le voir s'arrêter d'un coup sec au point le plus près du sol. Ça n'a pas de sens pour nous, mais pour eux, c'était un mystère.

  22. Intervenant 2

    Eh oui. En fait, il manquait à Aristote le vocabulaire et les concepts physiques. Il n'avait pas conceptualisé l'inertie ou la conservation de l'énergie, tout simplement.

  23. Intervenant 1

    Genre l'énergie cinétique et potentielle ?

  24. Intervenant 2

    Voilà, exactement. Aujourd'hui, on sait que la masse, quand elle chute, elle convertit son énergie potentielle en énergie cinétique. Elle accumule une vitesse de fou.

  25. Intervenant 1

    Et cette vitesse, elle ne peut pas juste disparaître par magie et arriver en bas ?

  26. Intervenant 2

    Bah non. Cette vitesse, elle propulse la masse de l'autre côté en luttant contre la gravité jusqu'à épuisement de cette énergie.

  27. Intervenant 1

    Mais du coup, il faudra attendre super longtemps pour qu'on comprenne ça. Le XVIIe siècle, avec Galilée.

  28. Intervenant 2

    La fameuse anecdote de

  29. Intervenant 1

    Galilée. Il paraît qu'il était dans la cathédrale de Pise et qu'il s'ennuyait fermement pendant la messe.

  30. Intervenant 2

    C'est souvent comme ça que naissent les grandes idées.

  31. Intervenant 1

    Grave. Il lève les yeux au plafond et il voit un immense lustre qui se balance avec les courants d'air.

  32. Intervenant 2

    Et ce qui est fascinant ici, c'est vraiment la capacité de Galilée à abstraire une loi physique fondamentale à partir d'un truc aussi trivial. Il remarque un détail totalement contre-intuitif.

  33. Intervenant 1

    L'amplitude du battement,

  34. Intervenant 2

    non ? C'est ça. L'angle du lustre diminue petit à petit à cause de la résistance de l'air. Les arcs de cercles sont de plus en plus petits. Mais Galilée prend son pouls pour chronométrer et il se rend compte que le temps de l'aller-retour reste rigoureusement le même.

  35. Intervenant 1

    Ah, c'est dingue ! Même si le lustre parcourt une distance plus petite, il met exactement le même temps.

  36. Intervenant 2

    Absolument. C'est ce qu'on appelle isochronisme.

  37. Intervenant 1

    Iso, qui veut dire égal, et chronos, le temps.

  38. Intervenant 2

    Parfaitement résumé. La période du pendule ne dépend donc pas de son amplitude. Que l'angle soit tout petit ou un peu plus grand, le temps du trajet ne bouge pas.

  39. Intervenant 1

    C'est une révolution énorme. Mais notre article de Tangente pointe tout de suite à un gros piège, un énorme hic dans la loi de Galilée.

  40. Intervenant 2

    Ah oui, une belle grosse faille. Sa loi, elle n'est valable que pour de toutes petites amplitudes.

  41. Intervenant 1

    Et c'est là qu'on en revient à nos bateaux.

  42. Intervenant 2

    Exactement, l'horlogerie va percuter les besoins de la navigation maritime de plein fouet.

  43. Intervenant 1

    Parce que pour les marins de l'époque, connaître sa position sur l'océan, et particulièrement la longitude, c'était vital.

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