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16 avr. 2020 · 14 min

Parabole ou chaînette : l’enquête sur deux courbes jumelles

Dans cet épisode, suivez les indices qui séparent deux courbes presque identiques, des colliers et jets d’eau jusqu’aux câbles des ponts suspendus.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à toutes et à tous dans le podcast du magazine Tangente. Alors aujourd'hui, on va parler d'une histoire complètement folle. Imaginez un peu, en 1638, l'homme qui a littéralement cartographié le cosmos, qui a révolutionné notre vision de l'univers, regarde une simple chaîne en métal accrochée à un mur et il se trompe complètement.

  2. Intervenant 2

    Oui, c'est quand même incroyable. Galilée, l'un des plus grands génies de l'histoire, victime d'une illusion d'optique.

  3. Intervenant 1

    Mais une illusion tellement parfaite, tellement tenace, qu'il a fallu plus d'un demi-siècle aux meilleurs mathématiciens du monde pour prouver son erreur. Donc aujourd'hui, on plonge au cœur de cette énigme. On va assister à un véritable duel au sommet entre deux grandes dames de la géométrie.

  4. Intervenant 2

    Deux courbes qui, à première vue, se ressemblent à s'y méprendre.

  5. Intervenant 1

    C'est ça. Elles partagent toutes les deux cette forme super familière, ce magnifique U évasé qu'on a tous tracé un jour au brouillon. Mais sous cette ressemblance frappante se cachent des secrets et des tempéraments physiques radicalement différents.

  6. Intervenant 2

    Et c'est vraiment tout le charme de la géométrie, pour le coup. C'est ce qui rend cette histoire si captivante. La perception visuelle nous suggère souvent une simplicité, une gémellité presque évidente, alors que l'analyse rigoureuse révèle des abîmes de différence.

  7. Intervenant 1

    Absolument. Alors, laissez-moi dresser le portrait de nos deux concurrentes du jour, tirées de nos sources de Tangente. À ma gauche, pesant plus de 2500 ans d'histoire, étudiée par les plus grands esprits de la Grèce antique, j'ai nommé la parabole.

  8. Intervenant 2

    La grande classique ?

  9. Intervenant 1

    Exactement. C'est la courbe de la lumière et de la balistique. Celle qu'on retrouve en projetant la lumière d'une lampe de poche sur un mur de biais. Ou celle qui dessine l'architecture des gradins d'un théâtre. Ou encore la trajectoire majestueuse d'un feu d'artifice. Bref, c'est la première courbe sérieuse qu'on découvre au lycée.

  10. Intervenant 2

    C'est une véritable célébrité, oui. Elle est omniprésente dans la nature et dans l'éducation. La star incontestée des mathématiques classiques.

  11. Intervenant 1

    Et à ma droite, la challengeuse, une jeunette d'à peine 330 ans, enfin, dans sa théorisation formelle en tout cas, la chaînette.

  12. Intervenant 2

    Voilà la fameuse chaînette.

  13. Intervenant 1

    C'est elle qui donne sa forme naturelle au collier qui repose sur la peau ou au fil suspendu entre deux pylônes. Donc deux courbes, une même forme apparente. Mais bon, décortiquons tout ça. Si je prends mon collier et que je le suspends, l'œil humain est bien incapable de dire s'il s'agit d'une parabole ou d'une chaînette. Comment c'est possible que Galilée se soit laissé piéger ?

  14. Intervenant 2

    Pour comprendre cette confusion, il faut vraiment se replonger dans le contexte du XVIIe siècle, lors de la publication de son discours concernant deux sciences nouvelles.

  15. Intervenant 1

    Ah oui, son texte fondamental !

  16. Intervenant 2

    Exactement. Et dedans, Galilée décrit une expérience d'une simplicité enfantine. Il imagine planter deux clous sur un mur, sur une même ligne horizontale, et y suspendre une fine chaînette. Et là, il affirme, noir sur gland, que la courbe formée est un arc de parabole.

  17. Intervenant 1

    Attendez, je vous arrête tout de suite. Galilée, le père de la science moderne, il s'est vraiment trompé sur un bout de métal qui pend. C'était pas juste une petite simplification pédagogique de sa part ?

  18. Intervenant 2

    C'est une question très légitime. Mais non, pas du tout. Il pensait vraiment avoir affaire à une dynamique parabolique. Il a même insisté dans ses écrits en précisant que l'approximation devenait parfaite si on diminuait la longueur du fil.

  19. Intervenant 1

    Oh waouh, il en était sûr quoi !

  20. Intervenant 2

    Absolument. Et ce qui est fascinant ici, c'est de comprendre pourquoi il s'est laissé duper. Visuellement, l'illusion est juste stupéfiante.

  21. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  22. Intervenant 2

    Si on prend un fil court et tendu, le creux de la courbe, le sommet inférieur, coïncide d'une manière époustouflante avec le sommet d'une parabole. À l'œil nu et avec les instruments de 1638, c'était rigoureusement impossible de faire la distinction au fond de ce fameux U.

  23. Intervenant 1

    D'accord, je vois. En fait, c'est un peu comme regarder deux personnes de très loin dans la rue qui portent exactement le même grand manteau d'hiver.

  24. Intervenant 2

    Oui, c'est une bonne image.

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