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14 mars 2016 · 5 min

Maths en France : 15 % du PIB et 9 % des emplois ?

Cet épisode audio part des chiffres de l’étude, puis observe le rôle des maths dans l’énergie et la santé pour éclairer leur impact en France.

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à toutes et à tous dans le podcast du magazine Tangente. C'est un vrai plaisir d'ouvrir aujourd'hui une nouvelle plongée au cœur de nos sources. On s'attaque à un événement charnière, le Salon culture et jeux mathématiques de 2016.

  2. Intervenant 2

    Oui, un événement qui se tenait place Saint-Sulpice du 26 au 29 mai. Totalement gratuit d'ailleurs.

  3. Intervenant 1

    Absolument. Et la mission aujourd'hui, c'est vraiment de casser cette image d'épinal. Vous savez, les maths abstraites au tableau noir. Parce que, et c'est le grand rebondissement de l'étude de la Mies de 2015, les mathématiques, c'est en fait le moteur de notre économie.

  4. Intervenant 2

    Ah, c'est même un choc quand on lit les chiffres en détail. Au-delà du fait que la discipline pèse pour 15 % du PIB français, ce qui est colossal,

  5. Intervenant 1

    15 %, ouais, c'est énorme.

  6. Intervenant 2

    Voilà. Et on parle aussi de près de 9 % des emplois en France. Mais le plus frappant, je trouve, c'est que les avancées mathématiques impactent directement 44 % des technologies clés, celles identifiées par les pouvoirs publics pour l'industrie de demain.

  7. Intervenant 1

    C'est fascinant de voir qu'un salon, à la base plutôt culturel, s'empare d'enjeux de compétitivité industrielle de cette ampleur. Il y a une analogie intéressante pour résumer ça. Les maths fonctionnent au fond comme le système d'exploitation de notre économie.

  8. Intervenant 2

    C'est une très bonne

  9. Intervenant 1

    image, oui. Un logicier silencieux, quoi, qui tourne en arrière-plan. Mais concrètement, comment on passe de la recherche pure, très théorique, à, disons, une usine qui tourne au quotidien ?

  10. Intervenant 2

    C'est tout le nœud du transfert de compétences. C'était d'ailleurs le cœur du thème mathématiques et société du salon. En fait, il ne s'agit pas juste de livrer une formule brute à une entreprise et de dire

  11. Intervenant 1

    débrouillez-vous avec ça.

  12. Intervenant 2

    Ouais, ça serait trop beau. Non, il faut traduire une théorie mathématique en un algorithme ou en un modèle physique capable de résoudre un vrai problème, que ce soit sur une chaîne de production ou dans la logistique.

  13. Intervenant 1

    D'accord. Donc, si je reprends mon image du système d'exploitation, les applications, ce seraient ces outils déployés sur le terrain. Le salon mettait en avant des choses comme la modalisation, la cryptographie ou la fouille de données, le data mining. Mais dans un hôpital, par exemple, ça donne quoi la fouille de données ?

  14. Intervenant 2

    Alors, le mécanisme dans la santé, ça consiste à croiser des milliers, voire des millions d'historiques médicaux. Le but, c'est d'identifier des schémas statistiques totalement invisibles à l'œil nu.

  15. Intervenant 1

    Ah oui, la machine voit ce que l'humain ne peut pas percevoir.

  16. Intervenant 2

    Exactement. En analysant tout ça, le modèle mathématique peut repérer une combinaison subtile de facteurs de risque et carrément anticiper une pathologie avant l'apparition des premiers symptômes.

  17. Intervenant 1

    Attendez, ça veut dire que les médecins lisent des équations au lieu des bilans sanguins maintenant ?

  18. Intervenant 2

    Non, bien sûr que non. Le médecin s'appuie sur une probabilité qui est calculée par le modèle pour ajuster son diagnostic de manière préventive. C'est pareil pour l'énergie d'ailleurs.

  19. Intervenant 1

    On modélise les flux de consommation en temps réel, j'imagine, pour éviter qu'un réseau ne lâche pendant un pic de froid ?

  20. Intervenant 2

    C'est ça, Maria Esteban, qui présidait le Conseil international de mathématiques industrielle et appliquée, l'exprime avec une clarté redoutable. Selon elle, les problèmes majeurs de notre époque, la santé, l'énergie, l'économie, ils sont littéralement écrits en langage mathématique.

  21. Intervenant 1

    Il faut donc maîtriser la syntaxe du problème avant de le résoudre. Mais ça soulève un défi immense. Qui va écrire ce code source ? Les débouchés sont excellents, Jean-Pierre Bourguignon le confirme dans l'étude. Et pourtant, nos sources pointent un sacré paradoxe français.

  22. Intervenant 2

    Ah, le diagnostic est très net. D'un côté, l'école mathématique française est une référence mondiale en recherche. On est au sommet.

  23. Intervenant 1

    On a des médailles Fields à l'appel, c'est vrai.

  24. Intervenant 2

    Oui, mais de l'autre, nos filières d'enseignement peinent vraiment à recruter. C'est particulièrement marqué chez les jeunes filles. Les ponts vers l'entreprise sont souvent perçus comme trop austères ou inaccessibles.

  25. Intervenant 1

    Ce qui donne tout son sens au choix de Marie Eklund comme marraine du salon.

  26. Intervenant 2

    Tout à fait.

  27. Intervenant 1

    En tant que spécialiste des maths et de l'informatique appliquées, elle essaie de déplacer le curseur. Elle s'éloigne de l'image de la rigueur un peu froide pour parler de créativité. Elle met en avant le plaisir de faire avec sa tête.

  28. Intervenant 2

    Et le salon illustrait parfaitement cette volonté d'inspirer la nouvelle génération. Ils ont créé un espace maths et entreprises pour les rencontres directes.

  29. Intervenant 1

    Il y a eu la distribution de la revue aussi, non ?

  30. Intervenant 2

    Oui, 10 000 exemplaires de maths et sociétés express distribués gratuitement. L'objectif, c'est vraiment de démystifier la matière avec des carrières tangibles.

  31. Intervenant 1

    En analysant toutes ces initiatives, une réalité s'impose, vraiment. L'avenir de l'innovation dépend de notre capacité à maîtriser ces outils. Ce n'est plus un outil de sélection scolaire, ça fabrique la structure de notre société.

  32. Intervenant 2

    Ce qui amène une réflexion plus vaste. Parce que si les réseaux électriques, les données médicales et les algorithmes qui sécurisent nos communications reposent tous sur des mathématiques,

  33. Intervenant 1

    Alors la culture mathématique pourrait bien cesser d'être réservée aux seuls ingénieurs. Si ces modèles dictent le fonctionnement invisible de notre monde, comprendre leurs principes de base, c'est peut-être l'outil de citoyenneté le plus indispensable du XXIe siècle.

  34. Intervenant 2

    C'est une pensée très

  35. Intervenant 1

    stimulante. C'est une idée qui mérite d'être longuement mûrie. Merci pour cette belle analyse. Gardons l'esprit curieux et à très bientôt pour une nouvelle exploration.

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