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17 déc. 2021 · 6 min

La nature cherche-t-elle vraiment le nombre d’or ?

Dans cet épisode, partez des rapports proches de φ dans le vivant, puis découvrez comment physique et évolution écartent l’idée de perfection.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, je suis vraiment ravie de vous proposer une plongée en profondeur fascinante sur un de nos articles récents.

  2. Intervenant 2

    Bonjour à tous.

  3. Intervenant 1

    L'article s'intitule « Pas si magique que ça finalement ». Et vous savez, on nous vend très souvent cette idée que la nature a lu un manuel de géométrie avant de fabriquer une pomme de pain.

  4. Intervenant 2

    Ouais, ou une coquille d'escargot en fait.

  5. Intervenant 1

    C'est ça. On a cette image super romantique d'un architecte invisible avec son petit compas en train de tracer des proportions parfaites.

  6. Intervenant 2

    Ah oui, c'est une image hyper tenace et très séduisante d'ailleurs. On aime profondément l'idée d'un ordre caché. Un ordre mathématiquement pur qui serait régi par ce fameux chiffre mystique. Le nombre d'or, souvent noté phi.

  7. Intervenant 1

    Du coup, notre mission du jour pour ce décryptage, c'est justement de s'attaquer à ce mythe de front. Est-ce que ce plan architectural, il est vraiment intentionnel ?

  8. Intervenant 2

    Pour faire simple, non, pas du tout. La nature, en fait, elle ne cherche aucune perfection géométrique.

  9. Intervenant 1

    D'accord.

  10. Intervenant 2

    Que l'on parle de structures inertes ou vivantes, elles subissent tout simplement les lois de la physique. Oui. Et puis, dans le cas du vivant, vient s'ajouter la pression implacable des lois de l'évolution par-dessus le marché.

  11. Intervenant 1

    Mais attendez, parce que vous êtes en train de me dire que la survie et la gravité, par le plus grand des hasards, finissent par pendre des proportions qui correspondent de pile au nombre d’or. Alors,

  12. Intervenant 2

    c'est pas...

  13. Intervenant 1

    Parce que pour rappel, phi, c'est environ 1,618. C'est une constante quand même très spécifique. Ça me paraît gros que ce soit juste un accident mécanique.

  14. Intervenant 2

    Je comprends. Mais ce n'est pas un hasard magique. Et ce n'est pas non plus un objectif conscient de la plante.

  15. Intervenant 1

    D'accord.

  16. Intervenant 2

    Les contraintes physiques seules suffisent en fait à expliquer l'apparition de structures. Des structures qui exploitent, et là je cite carrément l'article, en gros des rapports plus ou moins proches de filles.

  17. Intervenant 1

    Ok, je veux bien admettre que la plante n'a pas une petite calculatrice intégrée pour mesurer phi à chaque nouvelle feuille.

  18. Intervenant 2

    Ça c'est sûr.

  19. Intervenant 1

    Mais je bloque sur le comment en fait. Comment une plante finit par créer ces fameuses spirales super parfaites sans même les calculer ?

  20. Intervenant 2

    C'est là qu'on plonge vraiment dans le concret. En 1993, il y a les physiciens Stéphane Douadier et Yves Coudert qui ont publié une étude majeure. Ça s'appelait « La physique des spirales végétales ».

  21. Intervenant 1

    Ah, des physiciens qui se mettent à faire de la botanique du coup.

  22. Intervenant 2

    C'est ça.

  23. Intervenant 1

    C'est curieux quand même. Comment des lois physiques peuvent dicter la croissance d'une fleur ?

  24. Intervenant 2

    Ils voulaient comprendre ce phénomène de façon purement mécanique, sans faire appel à la génétique ou à une volonté cachée de la plante.

  25. Intervenant 1

    Et ils ont fait comment ?

  26. Intervenant 2

    Ils ont mené une expérience super brillante. En labo, ils ont reproduit la croissance d'une plante en utilisant des gouttes de liquide magnétique. Qu'ils faisaient tomber dans une assiette d'huile de silicone et un champ magnétique repoussait ces gouttes vers les bords. Ce qui simulait l'apparition et l'énoyement des nouvelles cellules d'une plante, ce qu'on appelle les primordia.

  27. Intervenant 1

    Ah, laissez-moi deviner. Chaque nouvelle goutte, elle repouche l'ancienne pour trouver l'endroit où il y a le moins de résistance.

  28. Intervenant 2

    Exactement.

  29. Intervenant 1

    C'est un peu comme des passagers qui montent dans un bus bondé, on souhaite.

  30. Intervenant 2

    Oui, c'est...

  31. Intervenant 1

    Chacun essaye instinctivement de se placer là où il y a le plus d'espace vide.

  32. Intervenant 2

    C'est une excellente image.

  33. Intervenant 1

    Et sans que personne ne se concerte, ça crée un motif d'espacement optimal pour ne pas se marcher sur les pieds, quoi.

  34. Intervenant 2

    C'est exactement ce qui s'est passé avec ces fameuses gouttes magnétiques.

  35. Intervenant 1

    C'est fou.

  36. Intervenant 2

    En cherchant simplement à minimiser la contrainte d'espace, donc à s'éloigner au maximum les unes des autres, elles se sont auto-organisées toutes seules. Elles ont spontanément formé ces spirales géométriques en s'écartant selon ce qu'on appelle l'angle d'or.

  37. Intervenant 1

    Mais c'est dingue ça. Donc la géométrie spectaculaire qu'on observe sur les feuilles autour d'une tige, c'est juste la conséquence d'un bête problème d'encombrement spatial.

  38. Intervenant 2

    Absolument. C'est de l'encombrement pur.

  39. Intervenant 1

    La plante, elle pousse de manière à ce qu'aucune nouvelle feuille ne se superpose parfaitement à l'ancienne.

  40. Intervenant 2

    C'est ça.

  41. Intervenant 1

    Ce qui, d'un point de vue évolutif, est plutôt génial puisque ça lui permet de capter un maximum de lumière du soleil.

  42. Intervenant 2

    Voilà, l'évolution a conservé ce mécanisme tout simplement parce qu'il est hyper efficace pour la survie. La géométrie, en fait, c'est qu'une conséquence de la physique. Ce n'est jamais un objectif.

  43. Intervenant 1

    Mais alors pourquoi ça nous fascine autant ? Si ces mathématiques ne sont qu'une conséquence mécanique et un peu aveugle, pourquoi est-ce qu'on s'obstine à y voir un miracle ou un grand dessein divin ?

  44. Intervenant 2

    Là, on est en plein dans un biais cognitif massif. C'est l'être humain qui plaque ce concept de perfection sur le

  45. Intervenant 1

    monde.

  46. Intervenant 2

    L'idée la plus forte à retenir de l'article, c'est que les mathématiques ne flottent pas dans la nature comme des objets tangibles.

  47. Intervenant 1

    Elles ne sont pas cachées sous les feuilles.

  48. Intervenant 2

    C'est ça, elles résident exclusivement dans notre esprit.

  49. Intervenant 1

    En fait, c'est une paire de lunettes qu'on s'est fabriquées pour réussir à lire et organiser le monde qui nous entoure.

  50. Intervenant 2

    Le texte parle très justement d'un génial truchement. Les mathématiques, ce sont un outil forgé de toute pièce par l'homme. On observe un motif naturel qui est optimisé par la physique. On le modélise avec l'outil du nombre

  51. Intervenant 1

    d'or.

  52. Intervenant 2

    Et comme notre cerveau adore l'ordre, il se met à voir cette perfection intentionnelle un peu partout.

  53. Intervenant 1

    Ce qui change complètement la perspective quand même. La prochaine fois qu'on se baladera en forêt et qu'on s'arrête devant les spirales incroyables d'une pomme de

  54. Intervenant 2

    pine. Ce n'est pas le soi-disant génie géométrique du végétal qu'il faudra admirer.

  55. Intervenant 1

    Exactement. Ce qu'il faut applaudir, c'est la puissance extraordinaire de notre propre cerveau.

  56. Intervenant 2

    Ouais, c'est beau.

  57. Intervenant 1

    Un cerveau capable d'inventer des outils d'abstraction aussi sophistiqués pour comprendre et modéliser ces contraintes physiques de la nature.

  58. Intervenant 2

    Ce qui m'amène à une dernière réflexion, du coup, pour reboucler avec notre image du début.

  59. Intervenant 1

    Je vous écoute.

  60. Intervenant 2

    Si la magie mathématique du nombre d'or, c'est finalement qu'une projection humaine pour donner du sens à notre environnement. Ouais. Quelles autres lois universelles que l'on croit absolues ne sont au fond que le reflet de notre propre besoin psychologique d'ordre face au chaos total de l'univers ?

  61. Intervenant 1

    Ouf, c'est une sacrée question, ça. À méditer, n'est-ce pas ? Eh bien, merci à tous d'avoir suivi ce décryptage de Tangente et à la prochaine pour une nouvelle plongée scientifique.

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