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19 mai 2021 · 22 min

De points en tableaux : le procédé Voronoï de Bernard Cornet

Dans cet épisode, suivez les étapes qui mènent des points aux cellules de Voronoï, puis aux peintures et créations textiles de Bernard Cornet.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. On est super ravis d'accueillir notre audience aujourd'hui pour entamer cette nouvelle exploration. Et franchement, accrochez-vous parce que le sujet est dingue. Imaginez juste un instant une simple feuille morte qui est tombée dans un jardin. Si on la ramasse et qu'on la place sous un microscope vraiment très puissant, On ne voit pas seulement de la biologie végétale. On y découvre un code mathématique parfait, un truc froid et implacable qui dicte la forme de chaque cellule. En fait, c'est la rencontre explosive entre l'infinie liberté de la nature et la rigueur absolue de la géométrie.

  2. Intervenant 2

    Et ouais, c'est une rencontre qui bouscule pas mal d'idées reçues. Parce que tu sais, on a souvent tendance à séparer les cerveaux très analytiques des esprits très créatifs. Comme si on parlait de deux espèces totalement différentes quoi.

  3. Intervenant 1

    Ouais, genre les matheux d'un côté et les artistes de l'autre.

  4. Intervenant 2

    C'est ça. Mais dès qu'on creuse un petit peu sous la surface de la matière, cette frontière artificielle vole complètement en éclats.

  5. Intervenant 1

    Absolument. Et c'est exactement ce qu'on va démontrer aujourd'hui dans cette analyse approfondie en plongeant la tête la première dans l'univers de Bernard Cornet. C'est un artiste plasticien nantais qui est né en 1952. Il a un parcours absolument fascinant. Notre mission pour cette session, c'est de comprendre comment des concepts mathématiques qui, bon, faut l'avouer, peuvent paraître doutables de prime abord, des trucs comme les diagrammes de Voronoï ou la triangulation de Delaunay, peuvent tout simplement devenir les pinceaux d'un peintre. C'est fou de se dire qu'une équation, ça se transforme en émotions visuelles.

  6. Intervenant 2

    Ouais. Et ce qui rend cette démarche si stimulante, c'est que ces modèles géométriques, ce sont des véritables superstars dans le monde scientifique. C'est pas juste des concepts obscurs. Ils sont au cœur de la modélisation algorithmique, de l'imagerie médicale, et ils servent même à optimiser les réseaux de télécommunications mondiaux, tu vois.

  7. Intervenant 1

    Ah ouais, carrément.

  8. Intervenant 2

    Ce sont des structures qui sont incroyablement robustes. Mais ce que Bernard Cornet a vu, lui, c'est que bien au-delà de leur redoutable efficacité technique, ces modèles possèdent une esthétique inhérente. Un équilibre graphique qui est vraiment saisissant.

  9. Intervenant 1

    On va décortiquer un peu tout ça, parce que le profil de l'homme explique quand même en grande partie son œuvre. Il ne s'est pas réveillé un beau matin en décidant d'insérer des formules dans ses toiles par pur hasard. En fait, il porte une double casquette assez vertigineuse. Il a validé une licence de recherche en physique, mais aussi une licence d'art plastique. Être aussi à l'aise avec la thermodynamique complexe qu'avec la préparation d'une toile à l'huile, c'est loin d'être commun.

  10. Intervenant 2

    C'est clair. Et en fait, cette double formation, c'est vraiment la clé de voûte de son travail. Parce que la physique, par essence, c'est l'art d'étudier l'architecture fondamentale de la réalité. C'est essayer de comprendre les forces invisibles qui structurent la matière. Donc quand tu possèdes ce bagage de physicien et qu'en même temps tu maîtrises les techniques classiques de représentation picturale, tu finis inévitablement par vouloir peindre ce qui se cache derrière les apparences.

  11. Intervenant 1

    Derrière le rideau, en quelque sorte. Et justement, son évolution artistique reflète totalement cette quête. Il n'a pas commencé directement par l'abstraction. A ses débuts, il peignait de manière super classique, des paysages, des scènes réalistes, parfois un petit peu teintées de surréalisme. Ensuite, il a glissé vers le post-impressionnisme, tu vois, en décomposant un peu plus la lumière et la touche, pour finalement abandonner complètement la figuration et basculer dans l'abstraction géométrique pure.

  12. Intervenant 2

    Et il a fallu un déclencheur physique pour opérer cette bascule. Faut savoir que l'artiste, il nourrit une vraie passion pour l'infiniment grand et l'infiniment petit. Il a d'ailleurs un microscope chez lui. Et la grande révélation, la grosse claque, elle a eu lieu en observant une simple coupe de tissu végétal, une petite fibre de plante.

  13. Intervenant 1

    Ah, c'est là qu'on retrouve notre fameuse feuille sous le microscope de l'introduction. Mais qu'est-ce qu'il a vu exactement qui a pu chambouler toute sa conception de la peinture à ce point-là ?

  14. Intervenant 2

    Eh bien, sous l'objectif, il a réalisé que cette fibre végétale qui est pourtant l'incarnation même du vivant, de l'organique, Elle ressemblait de façon troublante à une construction mathématique stricte, et plus précisément à un diagramme de Voronoï. Il a compris à cet instant précis que la nature ne construit pas ses organismes au hasard. Elle déploie une architecture cellulaire qui est optimisée, qui obéit à des lois géométriques vraiment universelles.

  15. Intervenant 1

    C'est vertigineux quand on y pense. C'est comme si, juste en regardant une plante, il avait soudainement accédé au code source de l'univers. Mais du coup, pourquoi la nature s'embête à faire des mathématiques ? Je veux dire, pourquoi utiliser ces diagrammes super précis plutôt que de laisser les cellules pousser un peu n'importe comment dans tous les sens ?

  16. Intervenant 2

    Bah, en fait, tout est une question d'économie d'énergie. C'est un concept vraiment fondamental en physique. Prends l'exemple des bulles de savon dans la mousse de ton bain, tu vois.

  17. Intervenant 1

    Oui, je vois très bien.

  18. Intervenant 2

    Quand des dizaines de bulles se pressent les unes contre les autres, elles partagent des parois planes pour utiliser le moins de liquide possible tout en occupant le maximum d'espace. Les lignes droites et les intersections qui se forment, c'est la réponse physique parfaite pour minimiser la tension superficielle. La nature, elle est fondamentalement économe, en fait. Et ce code source géométrique, on le retrouve partout. Dans les nervures des feuilles, sur les ailes des libellules ou même, tu sais, dans la boue séchée qui se craquelle au soleil en été.

  19. Intervenant 1

    Ah ouais, la fameuse terre craquelée, c'est vrai que ça fait des formes géométriques. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant, parce que Cornet décide de s'emparer de cette loi de la nature, de ce modèle de Voronoï, et de son jumeau, la triangulation de Delaunay, pour en faire sa propre technique de peinture. Alors on va poser un peu les bases pour notre audience, pour que tout le monde suive. Sans tomber dans le jargon mathématique de niveau universitaire, comment ça fonctionne concrètement un diagramme de Voronoï ?

  20. Intervenant 2

    Alors, c'est pas si compliqué. Imaginons une surface plane. Une grande feuille de papier vierge, posée sur une table.

  21. Intervenant 1

    Ok, j'ai l'image en

  22. Intervenant 2

    tête. On va y disperser plusieurs points. Ces points, en géométrie, on les appelle des germes. Et l'objectif du diagramme, c'est de diviser toute la feuille en différentes zones, de manière à ce que chaque zone appartienne à un seul germe.

  23. Intervenant 1

    D'accord, donc on attribue un territoire exclusif à chaque point de la feuille, chacun son bout de terrain quoi. Mais comment on trace les frontières de ces territoires de façon purement mathématique ? Parce qu'on ne peut pas le faire juste à l'œil nu en disant « bon bah je trace entrée là ».

  24. Intervenant 2

    Ah non, la règle est vraiment implacable. Chaque millimètre carré à l'intérieur d'un territoire doit être strictement plus proche de son propre germe que de n'importe quel autre germe de la feuille. Et pour trouver ces frontières exactes, on trace ce qu'on appelle des médiatrices.

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