
26 janv. 2016 · 13 min
Faut-il réserver des concours de maths aux filles ?
Dans cet épisode, suivez le débat entre concours réservés, lutte contre les stéréotypes et autres moyens d’attirer les filles vers les maths.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. On est vraiment ravis de vous retrouver pour une nouvelle exploration de l'univers des mathématiques.
Intervenant 2
Ouais, un univers toujours plein de surprises.
Intervenant 1
Complètement. Et aujourd'hui, on va démarrer avec une statistique qui franchement marque les esprits. Quand on regarde les médaillés aux Olympiades internationales de maths, eh bien, tout pays confondu, la participation féminine plafonne à...
Intervenant 2
Seulement 11%.
Intervenant 1
C'est très peu. C'est même un décalage assez vertigineux quand on y pense.
Intervenant 2
Mais oui, surtout dans une discipline qui se veut purement intellectuelle et universelle, quoi.
Intervenant 1
Donc aujourd'hui, on plonge au cœur de nos sources. Pour comprendre cette dynamique, on va voir comment certains pays tentent de remédier à ce déséquilibre, analyser le débat que ça suscite et puis se frotter concrètement à des problèmes
Intervenant 2
brillants. Ça oui, il y a de vrais défis mathématiques derrière tout ça.
Intervenant 1
Exactement. Bon, décortiquons un peu tout ça. Notre mission, c'est de comprendre cette fameuse réponse institutionnelle. Face à ce plafond de 11%, il y a des nations qui ont réagi.
Intervenant 2
Ouais, et ce qui est fascinant ici, c'est que la solution choisie par certains pays, ça a été de créer des espaces réservés, des compétitions mathématiques 100% féminines.
Intervenant 1
Et ça, même dans des pays où l'école est mixte. C'est ça qui est dingue.
Intervenant 2
C'est tout le paradoxe. On parle de pays où les filles et les garçons étudient ensemble au quotidien, mais face à l'autocensure des filles dans les filières d'excellence, on a vu apparaître des concours spécifiques. Ça a commencé en Asie avec la China Girls Mathematical Olympiad en 2002.
Intervenant 1
Ouais, la CGMO.
Intervenant 2
C'est ça. Puis le modèle s'est exporté aux États-Unis en 2009. On a vu la création du Maths Prize for Girls.
Intervenant 1
Qui est très richement doté d'ailleurs, financièrement parlant, d'après les documents.
Intervenant 2
Très richement, oui. Le but, c'est vraiment d'envoyer un signal fort. Et l'Europe a suivi en 2012 avec l'EGMO, l'European Girls Math Olympiad.
Intervenant 1
Les GMO, ouais. Et ce qui m'a frappée dans nos sources, c'est comment ça a démarré en Europe. C'est le Murray Edwards College de Cambridge qui a organisé ça. Et pas par hasard en fait.
Intervenant 2
Non, ils avaient déjà tâté le terrain.
Intervenant 1
Exactement. Ils avaient envoyé des filles participer à la compétition chinoise dès 2010. Et ils ont vu que ça créait une sorte de bulle, un environnement où les filles prenaient énormément confiance en elles.
Intervenant 2
C'est l'objectif avoué, créer un cadre rassurant pour combattre les stéréotypes.
Intervenant 1
Mais du coup, ça soulève une vraie question. Parce que créer une bulle de confiance, une catégorie séparée, on connaît très bien ça dans le sport.
Intervenant 2
Oui, ou même aux échecs. Les championnats féminins existent depuis 1927, je crois.
Intervenant 1
Mais dans le sport, on l'accepte pour des lasons physiques. Est-ce que c'est transposable de la même manière pour une discipline purement intellectuelle comme les maths ?
Intervenant 2
Eh ben, c'est là que le bad bless pour pas mal de pédagogues. L'idée de séparer fille et garçon sur un critère intellectuel, ça suscite une sacrée controverse.
Intervenant 1
J'imagine,
Intervenant 2
ouais. Dans nos sources, on a l'analyse très pointue de Michelle Hartig. Elle est professeure émérite, ancienne présidente de la Commission internationale de l'enseignement mathématique. Bref, une vraie voix d'autorité.
Intervenant 1
Et elle, elle n'est pas trop d'accord avec cette approche.
Intervenant 2
Pas du tout, non. Alors, attention, elle soutient totalement la lutte contre les stéréotypes. Elle cite l'association Fais mes maths en France.
Intervenant 1
Qui fait un super boulot d'ailleurs.
Intervenant 2
Ah, un boulot remarquable. Elle salue aussi les initiatives de l'Union mathématique internationale. Donc, sur le constat, tout le monde est d'accord. Mais sur la méthode, elle s'oppose fermement à la non-mixité.
Intervenant 1
Parce qu'au final, ça envoie quel message, quoi ? Qu'il y aurait des maths pour les filles et des maths pour les garçons.
Intervenant 2
C'est exactement son argument. Elle dit que séparer, c'est prendre le risque d'essentialiser, de faire croire que les filles auraient besoin d'un traitement de faveur ou de problèmes soi-disant adaptés. Elle, elle plaide à 100% pour l'inclusion, la mixité et la solidarité.
Intervenant 1
Mais du coup, si on rejette la compétition séparée, on fait quoi pour aider ces jeunes filles concrètement ?
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