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12 févr. 2017 · 23 min

Des commandes aux comptes : à quoi servent les matrices ?

Dans cet épisode, suivez trois usages concrets des matrices : calculer des factures, lire des données économiques et vérifier l’équilibre des comptes.

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. On est ravis de retrouver tous ceux qui nous aient compte pour ce nouveau décryptage. Bonjour, ravie

  2. Intervenant 2

    d'être là.

  3. Intervenant 1

    Alors, on peut imaginer un instant que l'économie mondiale tout entière, avec ses milliards de transactions quotidiennes, repose fondamentalement sur de simples grilles de nombres. Des tableaux tellement puissants et enfin si mathématiquement parfaits dans leur structure, qu'ils pourraient carrément rendre la moindre fraude financière ou erreur comptable littéralement impossible.

  4. Intervenant 2

    C'est un sacré programme, dit comme ça.

  5. Intervenant 1

    N'est-ce pas ? Eh bien, c'est l'ambition de notre exploration d'aujourd'hui. On va plonger au cœur de l'algèbre matriciel. Et pour ceux qui gardent, disons, un mauvais souvenir des cours de mathématiques abstraites en lycée, rassurez-vous.

  6. Intervenant 2

    Oui, on ne va pas faire de théorie pure, promis.

  7. Intervenant 1

    Voilà. L'idée ici, ce n'est vraiment pas de rester devant un tableau noir rempli d'équations incompréhensibles. On va plutôt voir comment ces fameuses grilles de nombres régissent la réalité du terrain.

  8. Intervenant 2

    Et c'est tout l'enjeu, effectivement. Parce qu'il existe une véritable ligne de fracture quand on aborde l'algèbre linéaire. Et c'est ça qui la rend si fascinante.

  9. Intervenant 1

    Une ligne de fracture, c'est-à-dire ?

  10. Intervenant 2

    D'un côté, on a la perspective classique, celle des mathématiciens purs. Pour eux, l'algèbre linéaire traite d'espaces vectoriels multidimensionnels, de transformations linéaires hyper complexes. C'est un monde théorique d'une élégance absolue.

  11. Intervenant 1

    Mais très abstrait du coup.

  12. Intervenant 2

    Exactement. Mais de l'autre côté, on trouve la perspective des économistes, des sociologues ou même des comptables. Et pour eux, une matrice n'a rien d'éthéré. C'est simplement un tableau rectangulaire, un tableau rempli de données issues de la vraie vie.

  13. Intervenant 1

    Alors, décortiquons un peu ça. Parce que c'est vrai que le mot « matrice » a tendance à intimider. On pense tout de suite à un film de science-fiction ou à des concepts vraiment obscurs.

  14. Intervenant 2

    Ouais, on imagine les lignes de codes verts qui tombent sur l'écran.

  15. Intervenant 1

    C'est ça. Mais du coup, si on veut faire le pont entre cette théorie mathématique et, disons, la gestion d'un petit commerce de quartier, par où on commence ? Comment on construit concrètement cette fameuse grille à partir d'un simple achat quotidien ?

  16. Intervenant 2

    Eh bien, prenons le scénario hyper concret qui est décrit dans nos sources. Ça permet de bien visualiser la chose. Imaginons une entreprise de taille modeste avec trois clients réguliers.

  17. Intervenant 1

    Ok, trois clients.

  18. Intervenant 2

    Et ces clients, ils ont le choix entre quatre produits différents dans la boutique. Au lieu d'écrire de longs rapports fastidieux du type le client 1 a acheté trois unités du produit 1, puis deux unités du produit 2.

  19. Intervenant 1

    Ce qui serait illisible à la longue.

  20. Intervenant 2

    Totalement illisible, oui. Eh bien, on va condenser toute cette information dans un tableau rigoureux. Et voilà, on a notre toute première matrice. On va l'appeler la matrice C pour commande.

  21. Intervenant 1

    D'accord.

  22. Intervenant 2

    Sa géométrie est super simple. On a trois lignes pour représenter nos trois clients et quatre colonnes pour représenter nos quatre produits.

  23. Intervenant 1

    Donc, si je visualise bien la chose, c'est ni plus ni moins qu'un simple tableau, comme sur un tableur basique sur un ordinateur.

  24. Intervenant 2

    C'est exactement ça.

  25. Intervenant 1

    Les lignes sont les clients, les colonnes sont les articles. Et à l'intersection, dans la case, on met juste la quantité achetée. Il n'y a vraiment aucune magie là-dedans.

  26. Intervenant 2

    Aucune magie, non, c'est juste de l'organisation pure. Par exemple, si on regarde la première ligne, celle qui est attribuée au premier client, on y lit la séquence de nombres 3, 2, 1 et 2.

  27. Intervenant 1

    Donc ça veut dire qu'il a pris trois fois le premier article, c'est bien ça ?

  28. Intervenant 2

    Tout à fait, ça traduit directement un fait réel. Ce client a commandé trois unités du premier bien, deux du deuxième, une du troisième et deux du quatrième. C'est vraiment la traduction littérale d'une action physique en une donnée mathématique.

  29. Intervenant 1

    Je comprends. Mais que se passe-t-il si un client ne veut pas d'un produit spécifique ? On laisse la case vide dans le tableau ?

  30. Intervenant 2

    Ah, surtout pas. Ça, c'est un détail fondamental en algèbre matriciel. Si on prend le troisième client, par exemple, sa ligne indique 1, 4, 0

  31. Intervenant 1

    et 2. Ah, le 0 est obligatoire ?

  32. Intervenant 2

    Le 0 est crucial, oui. Il indique l'absence de commande pour le troisième produit. On ne peut absolument pas laisser une case vide, ni décaler les autres nombres vers la gauche.

  33. Intervenant 1

    Pourquoi ça ?

  34. Intervenant 2

    Parce que la structure spatiale de la matrice contient de l'information en elle-même. La position du nombre est tout aussi importante que la valeur du nombre. C'est cette rigidité structurelle qui va nous permettre de faire de vrais calculs par la suite.

  35. Intervenant 1

    Très clair. Et justement, en parlant de ces calculs, admettons que nos clients soient super ravis de leurs produits et qu'ils décident de doubler très exactement leurs commandes pour le mois suivant.

  36. Intervenant 2

    D'accord.

  37. Intervenant 1

    J'imagine qu'on ne va pas s'amuser à recréer un tableau de zéro. On doit bien pouvoir manipuler toute cette grille d'un seul coup, non ?

  38. Intervenant 2

    Exactement. Et c'est là qu'intervient la toute première opération matricielle. C'est ce qu'on appelle la multiplication par un scalaire.

  39. Intervenant 1

    Un scalaire, c'est le terme technique.

  40. Intervenant 2

    Oui. Le scalaire, dans le jargon mathématique, c'est simplement un nombre réel classique. Ici, dans notre exemple, c'est le nombre 2 puisqu'ils doublent leurs commandes.

  41. Intervenant 1

    Ok, donc on multiplie par 2.

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