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15 mars 2018 · 13 min

Dataviz : comment choisir un graphique lisible pour son public ?

Dans cet épisode audio, suivez les étapes qui mènent des données brutes au choix d’une représentation adaptée au message et au public visé.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Alors, imaginez un instant la situation. On vous place devant un écran qui affiche un tableau Excel, genre avec un million de lignes de chiffres bruts.

  2. Intervenant 2

    L'angoisse totale.

  3. Intervenant 1

    Ah mais complètement. Si on vous demande d'y trouver une tendance, d'un seul coup d'œil, le cerveau panique. Et c'est tout à fait normal. Ça prend quoi ? Moins de trois secondes pour saturer.

  4. Intervenant 2

    Ouais, le cortex visuel n'est pas fait pour ça.

  5. Intervenant 1

    Exactement. Pourtant, si on prend ces mêmes millions de chiffres, qu'on les passe dans un algorithme et qu'on les transforme en une simple carte météo animée avec des codes couleurs, là, l'information est comprise instantanément. Pourquoi on a une telle différence de traitement dans notre esprit ?

  6. Intervenant 2

    C'est vraiment le cœur de notre sujet aujourd'hui. On va décortiquer les mécanismes de la visualisation des données ou la dataviz pour les intimes.

  7. Intervenant 1

    C'est ça !

  8. Intervenant 2

    Et notre mission, à travers l'étude de nos sources, on se base notamment sur un article super fouillé qui s'intitule « Visualisation des données, sachez les mettre en scène ». Eh bien, notre mission, c'est de comprendre l'envers du décor de ce miracle cognitif. Comment on passe d'une masse informe et gigantesque d'informations, le fameux iceberg du big data, à un message limpide qui permet de prendre des décisions éclairées. Parce que ça demande un mélange assez dingue de mathématiques, d'informatique, de sciences sociales et même de marketing en fait.

  9. Intervenant 1

    Bon, décortiquons un peu tout ça. La première étape pour vraiment saisir les enjeux, c'est de balayer une idée reçue, qui est enfin extrêmement répandue. Quand on entend data visualisation aujourd'hui, l'image qui vient, c'est la Silicon Valley, les écrans géants de la bourse ou les serveurs qui crachent de la donnée en temps réel.

  10. Intervenant 2

    Oui, on associe ça tout de suite au microprocesseur.

  11. Intervenant 1

    Voilà. Or, la source nous rappelle une vérité historique fascinante. Les mathématiciens s'y penchent depuis des siècles,

  12. Intervenant 2

    en fait. Mais c'est un point de départ fondamental. Faut surtout pas limiter la dataviz à l'informatique moderne. Ses racines, elles plongent super profondément dans les mathématiques appliquées et l'économie, et ça dès le XVIIIe siècle. L'article met d'ailleurs en lumière le travail d'un pionnier absolu, l'économiste écossais William Playfair.

  13. Intervenant 1

    Ah oui, lui, c'est une légende dans le domaine.

  14. Intervenant 2

    Complètement. Dans son ouvrage The Commercial and Political Atlas, il avait un gros problème. Comment rendre lisibles les balances commerciales entre les pays ? Parce que les colonnes de chiffres dans les registres comptables, c'était juste impossible à lire pour déceler des grandes tendances.

  15. Intervenant 1

    Et c'est là qu'il a une idée brillante qui repose en fait sur la géométrie pure. Playfair invente les premiers histogrammes et surtout ce qu'on appelle familièrement aujourd'hui le camembert.

  16. Intervenant 2

    Le graphique en secteur, oui.

  17. Intervenant 1

    Ouais, le fameux camembert. Et d'un point de vue de la perception, c'est redoutable. Notre cerveau n'est pas biologiquement conçu pour comparer intuitivement la valeur de la ligne 42 avec celle de la ligne 108.

  18. Intervenant 2

    Non, ça demande un effort analytique énorme.

  19. Intervenant 1

    Par contre, le cortex visuel, lui, y traite une surface géométrique de manière fulgurante. Une grande part de camembert à côté d'une toute petite part, paf, l'œil transmet l'info au cerveau en une fraction de seconde. Et ça contourne totalement la pensée lente.

  20. Intervenant 2

    Ouais, il a littéralement traduit l'arithmétique en géométrie. Et ce mouvement, il s'est complexifié au XIXe siècle. Prenons le mathématicien français Charles Dupin, qui est aussi mentionné. C'est le créateur des premières cartes choroplettes.

  21. Intervenant 1

    Oula, c'est quoi ce terme curieux ?

  22. Intervenant 2

    C'est barbare, je sais. En fait, derrière ce mot se cachent les cartes teintées, avec des dégradés de couleurs qu'on connaît tous. Dupin s'en est servi pour cartographier la démographie ou la mortalité.

  23. Intervenant 1

    Le principe, du coup, c'est que plus la couleur est sombre, plus la densité de la donnée est forte, c'est ça ?

  24. Intervenant 2

    C'est ça, oui. Et c'est un ancrage cognitif naturel. L'obscurité ou l'intensité d'une couleur, notre cerveau l'associe immédiatement à une accumulation.

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