
12 oct. 2018 · 23 min
AlphaGo : estimer l’issue pour choisir le prochain coup
Dans cet épisode audio, suivez le problème posé par le go, puis la réponse d’AlphaGo : deux réseaux neuronaux et l’apprentissage contre lui-même.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente pour notre exploration d'aujourd'hui et installez-vous bien parce qu'on va aborder un sujet fascinant.
Intervenant 2
Oh oui, vraiment fascinant. Bonjour.
Intervenant 1
Imaginez un instant. On estime qu'il y a environ 10 puissance 80 atomes dans l'univers observable.
Intervenant 2
C'est déjà difficile à concevoir.
Intervenant 1
Ouais, totalement. Mais alors, si vous posez un plateau de Go classique sur une table, juste le plateau et les pierres, le nombre de parties possibles s'élève à 10 puissance 172. Ah
Intervenant 2
ouais, le fameux vertige combinatoire.
Intervenant 1
C'est ça. C'est un vertige combinatoire absolu face auquel la puissance brute de nos ordinateurs actuels s'écrase complètement. Donc aujourd'hui, notre mission, c'est d'explorer un article vraiment passionnant intitulé, je cite, « Jeu de Go, la victoire de l'esprit profond ». Le but de notre plongée d'aujourd'hui, c'est de comprendre comment l'intelligence artificielle a dû changer sa façon de penser, entre guillemets, pour conquérir cet emblème de la réflexion pure.
Intervenant 2
Oui, et ça, 20 ans après avoir vaincu l'humain aux échecs.
Intervenant 1
Exactement. Et d'ailleurs, cette quête d'une machine capable de rivaliser avec l'intellect humain, ça ne date pas d'hier, n'est-ce pas ?
Intervenant 2
Ah non, pas du tout. Ça a des racines très anciennes. En fait, bien avant l'informatique moderne, genre au 18e siècle.
Intervenant 1
Le 18e siècle, waouh.
Intervenant 2
Ouais, on avait un polymath, Farkas Kampelen, qui avait déjà capté cette fascination du public. Il a présenté un automate joueur d'échecs. On l'appelait le turc mécanique.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Et ce truc a parcouru l'Europe. Il battait des personnalités illustres et le public croyait vraiment qu'une mécanique de bois et de rouage pouvait faire preuve de raisonnement.
Intervenant 1
C'est fou de se dire qu'ils y croyaient. Mais bon, la supercherie a fini par être éventée au siècle suivant.
Intervenant 2
Ouais, en 1834, je crois.
Intervenant 1
C'est ça. Il y avait en fait un excellent joueur d'échecs humain qui était habilement dissimulé dans le meuble.
Intervenant 2
C'est ça. La machine n'était qu'une marionnette, en fait.
Intervenant 1
Une marionnette très sophistiquée, ouais. Mais l'illusion était totale à l'époque. Et le truc, c'est que ça a planté une graine intellectuelle majeure.
Intervenant 2
C'est-à-dire ? Pour la première fois, la communauté scientifique réalisait qu'un jeu de stratégie complexe, c'était le terrain de test idéal, le terrain pour simuler et peut-être un jour créer une véritable intelligence artificielle.
Intervenant 1
À joie, parce que le cadre du jeu est très strict.
Intervenant 2
Exactement. Les règles d'un jeu de plateau sont finies. Le cadre est strict, tu vois. Ça permet de mesurer de façon complètement objective les capacités d'une machine face à un cerveau humain.
Intervenant 1
Et c'est pour ça que les échecs sont devenus l'obsession numéro un des premiers informaticiens au XXe siècle.
Intervenant 2
Tout à fait. C'était le Graal de l'informatique de l'époque.
Intervenant 1
Bon, décortiquons tout ça. Cette obsession, elle trouve son aboutissement à la fin des années 90,
Intervenant 2
non ? Ouais. 1997, l'année charnière.
Intervenant 1
L'automate truqué de Kempelen, il cède la place au supercalculateur. Et l'histoire retient cet affrontement titanique entre Garry Kasparov, qui était champion du monde incontesté à l'époque,
Intervenant 2
Le maître absolu, oui.
Intervenant 1
Et l'ordinateur Deep Blue, d'IBM. Kasparov gagne une première fois en 1996, mais l'année suivante, en 1997, la machine prend le dessus.
Intervenant 2
Et là, c'est le choc planétaire.
Intervenant 1
Un séisme. L'ordinateur vient de faire tomber le roi des jeux de réflexion. Et pourtant, dans notre source, on voit que la communauté de l'IA savait que Deep Blue, ce n'était pas la fin du chemin.
Intervenant 2
Ah non, ce n'était qu'une étape.
Intervenant 1
Le véritable mur, c'était le jeu de Go. Mais alors, pourquoi les échecs ont cédé en 97, alors que le Go semblait inatteignable ?
Intervenant 2
Eh bien, la réponse réside vraiment dans la nature même du calcul. Tu vois, Deep Blue, il a gagné aux échecs grâce à ce qu'on appelle la force brute.
Intervenant 1
D'accord, la force brute, ça veut dire qu'il calcule tout.
Intervenant 2
En gros, ouais. Le nombre de positions possibles aux échecs, c'est d'environ 10 puissance 43.
Intervenant 1
Ce qui est déjà énorme.
Intervenant 2
C'est gigantesque. Mais avec un super ordinateur spécialement conçu pour ça, il peut calculer des millions de branches à l'avance. Il évalue chaque position et il choisit le meilleur coup avec une précision purement mathématique. La machine explore systématiquement l'arborescence des futurs possibles.
Intervenant 1
Elle fait juste défiler tous les scénarios.
Intervenant 2
C'est ça. Mais au go, avec ce chiffre que tu mentionnais au début, 10 puissance 172, on change littéralement de dimension physique.
Intervenant 1
Ouais, pour donner une idée de l'ampleur à nos auditeurs, l'article explique que même si on transformait chaque atome de l'univers en un ordinateur surpuissant...
Intervenant 2
Ce qui est déjà une image folle.
Intervenant 1
Complètement folle. Et que tous ces ordinateurs calculés non-stop depuis le Big Bang, on n'aurait même pas effleuré une fraction de toutes les parties de Go
Intervenant 2
possibles. Ça donne le tourné.
Intervenant 1
Donc la méthode de l'exploration exhaustive, la fameuse force brute de Deep Blue, c'est une impasse théorique totale pour le Go.
Intervenant 2
Total. L'ordinateur ne peut tout simplement pas tout calculer, c'est impossible.
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