
23 sept. 2019 · 5 min
Recherche opérationnelle : pourquoi l’enveloppe rejoint l’ADN
Dans cet épisode, partez de choix quotidiens, puis suivez leur modélisation mathématique, de l’enveloppe sans lever le crayon aux séquences d’ADN.
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Intervenant 1
Bonjour et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on décrypte un éditorial super intéressant et coordonné par Christian Hartige, Nadia Bronner-Vettier, François Clotiot et Pierre Fouilloux.
Intervenant 2
Salut Evie. Oui, un très bon papier.
Intervenant 1
Et le but de notre analyse du jour, c'est de comprendre comment les mathématiques et l'informatique nous sauvent la mise face à des problèmes d'organisation qui ont l'air, au premier regard, totalement insolubles.
Intervenant 2
C'est ça. On touche vraiment à l'infrastructure invisible de notre société. C'est les rouages qui font que notre monde moderne tourne bien, souvent sans même qu'on s'en rende compte.
Intervenant 1
Absolument. Et le texte part d'exemples très concrets, des trucs de la vie de tous les jours en fait, comme optimiser le trajet de ses vacances.
Intervenant 2
Ce qui est déjà une petite galère en soi.
Intervenant 1
Oui, on est d'accord. Mais à une toute autre échelle. On parle de faire l'emploi du temps de centaines de soignants dans un hôpital, ou alors d'implanter des usines, ou même de choisir les meilleurs sites pour préserver la biodiversité. Des trucs massifs.
Intervenant 2
Et le vrai problème là-dedans, ce n'est pas la nature du problème lui-même. C'est ce qu'on appelle l'explosion combinatoire.
Intervenant 1
Alors, attends, c'est là que j'ai une question. Parce que je veux dire, avec la technologie actuelle, pourquoi on ne peut pas juste utiliser un super ordinateur pour lister et tester toutes les options ? C'est comme essayer toutes les clés du monde pour ouvrir une seule porte. L'ordinateur devrait pouvoir faire ça par force brute, non ?
Intervenant 2
C'est une intuition logique. Mais en fait, on se heurte à une barrière physique. L'explosion combinatoire, c'est pas juste beaucoup de choix, tu vois.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Si on prend l'analogie d'un livreur en camion. Tu ajoutes un seul point de livraison. Tu n'ajoutes pas juste un seul calcul. Tu multiplies du possibilité. Rajouter, disons, cinq arrêts, ça crée d'un coup des milliers de nouveaux itinéraires. Et si on arrive à une centaine de points de livraison ? Même le super ordinateur le plus puissant du monde mettrait plus de temps que l'âge de l'univers pour tout tester un par un.
Intervenant 1
Plus que l'âge de l'univers, ok. Ah oui, donc la force brute, on oublie complètement. Mais du coup, si la puissance de calcul ne sert à rien face à un truc aussi immense, on fait comment ?
Intervenant 2
C'est là qu'intervient la recherche opérationnelle. On l'appelle souvent la RO. C'est un domaine à la croisée des mathématiques, de l'informatique et de l'économie. Et d'ailleurs, petit point historique, c'est né pendant la seconde guerre mondiale.
Intervenant 1
D'où le terme opérationnel pour les opérations militaires.
Intervenant 2
Exactement. Au départ, c'était vraiment pour optimiser la logistique militaire. Et ensuite, ça s'est étendu à toute la société civile.
Intervenant 1
Donc l'aéro, ça ne marche pas avec la force brute, ça utilise des modélisations. Et là, l'éditorial donne un exemple visuel que je trouve génial. C'est, tu sais, le fameux jeu des colliers où on doit dessiner une enveloppe sur une feuille.
Intervenant 2
Sans lever le crayon.
Intervenant 1
Voilà, sans lever le crayon et sans repasser deux fois sur le même trait. Mais comment un petit jeu de cours de récré peut aider concrètement à organiser, je ne sais pas, un hôpital ?
Intervenant 2
Le secret, c'est l'abstraction, plus précisément la théorie des graphes. Quand on dessine cette petite enveloppe, on relie des points, des nœuds, par des lignes qu'on appelle des arêtes. Et pour les maths, la nature de ces nœuds, on s'en fiche complètement. Le but, c'est juste de trouver le chemin optimal à travers le réseau.
Intervenant 1
Donc, si je comprends bien, les coins de l'enveloppe, ça peut représenter n'importe quoi dans le vrai monde.
Intervenant 2
C'est ça. Ça peut être des carrefours dans une ville pour optimiser la tournée des camions poubelles ou la distribution du courrier. C'est fou ! Et encore plus impressionnant, l'article souligne que ce même modèle mathématique, il est utilisé pour aligner des séquences d'ADN en biologie.
Intervenant 1
Attends, vraiment ? L'ADN ?
Intervenant 2
Oui. Les nœuds deviennent juste des fragments de codes génétiques en fait.
Intervenant 1
C'est dingue de se dire que le ramassage des ordures et la génétique utilisent exactement la même architecture mathématique.
Intervenant 2
Et l'avantage, c'est qu'en modélisant le problème comme ça, l'algorithme n'a plus besoin de tester toutes les impasses. Il cible la meilleure solution grâce aux lois mathématiques.
Intervenant 1
Mais et si le problème est vraiment, vraiment trop gros ? Même avec ça ?
Intervenant 2
Alors là, on passe aux méthodes approchées. Si on ne peut pas avoir la solution parfaite absolue, cette abstraction permet de trouver des raccourcis intelligents. On obtient une solution pas trop mauvaise, ou disons très performante, et surtout dans un délai très court.
Intervenant 1
Ce qu'il faut retenir pour ceux qui nous écoutent, c'est que derrière la fluidité de notre quotidien, que ce soit recevoir un colis ou gérer le réseau électrique, il y a ces graphes et ces algorithmes.
Intervenant 2
Sans la recherche opérationnelle, la complexité de notre monde nous paralyserait totalement.
Intervenant 1
C'est clair. Et ça m'amène à une petite réflexion pour clôturer. Si ces algorithmes sont devenus si performants pour trouver la solution mathématique optimale dans un système défini, qu'est-ce qui va se passer quand cette modélisation parfaite va entrer en contradiction avec l'imprévisibilité ou même l'éthique humaine ?
Intervenant 2
Ah oui, c'est une vraie question.
Intervenant 1
Ouais, face à la nature un peu chaotique de nos comportements, l'équation parfaite a peut-être encore des limites à découvrir. Je laisse quiconque écoute m'éviter là-dessus. Merci beaucoup d'avoir été avec nous et à très bientôt pour le podcast du magazine Tangente.
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