
14 janv. 2020 · 15 min
Recherche en maths : que lui apportent les entreprises ?
Dans ce podcast, suivez l’enseignant-chercheur Frédéric Bertrand : des données d’entreprise aux nouveaux sujets de recherche et aux outils enseignés.
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Intervenant 1
Bienvenue aux auditeurs dans le podcast du magazine Tangente. Quel plaisir d'accueillir notre audience aujourd'hui pour cette nouvelle exploration approfondie de nos sources.
Intervenant 2
Bonjour, oui c'est un vrai plaisir d'être là.
Intervenant 1
Alors, imaginez un instant qu'une équation mathématique ultra abstraite, genre le truc griffonner sur un tableau noir à l'université ou taper sur un clavier au fond d'un labo.
Intervenant 2
Le cliché classique quoi.
Intervenant 1
Exactement. Imaginez que cette équation finisse en fait par optimiser un réseau électrique géant ou même par guider des protocoles médicaux dans un hôpital, disons en Indonésie.
Intervenant 2
C'est un grand écart qui paraît improbable.
Intervenant 1
Totalement. Et c'est précisément ce pont fascinant entre la théorie pure et la réalité industrielle la plus chaotique qu'on va analyser aujourd'hui.
Intervenant 2
Et ce pont entre l'abstraction et le terrain, on peut l'explorer de manière très concrète grâce à notre source du jour. C'est un entretien vraiment détaillé mené par Myriam Mahoumi pour le magazine Tangente.
Intervenant 1
Ah oui, l'article dresse un portrait très précis d'ailleurs.
Intervenant 2
Tout à fait. C'est le portrait de Frédéric Bertrand, qui est chercheur en modélisation statistique. Alors, pour planter un peu le décor académique, c'est un mathématicien qui est passé par la recherche avancée à l'Université de Strasbourg, à l'IRMA plus précisément, avant de devenir professeur à l'Université de Technologie III. Ça, c'était en septembre 2019. D'accord. Et l'enjeu central de toute cette discussion, c'est de comprendre par quels mécanismes les mathématiques arrivent à s'échapper de cet isolement un peu confortable des sphères académiques.
Intervenant 1
Bon, décortiquons tout ça, parce que pour vraiment capter comment un chercheur en arrive à vouloir frotter ses formules théoriques aux problèmes brûlants des entreprises, il faut d'abord chercher l'origine de la vocation.
Intervenant 2
La fameuse étincelle, oui.
Intervenant 1
Voilà. Et les sources décrivent un parcours qui, sur le papier, est vraiment la voie d'excellence super classique en France. On parle du lycée Kleber à Strasbourg, l'exigence implacable des classes préparatoires pour coupler maths et physique.
Intervenant 2
Ouais, c'est intense comme parcours.
Intervenant 1
C'est clair. Et la consécration, c'est son entrée à l'école normale supérieure de Lyon.
Intervenant 2
Ces années de prépa, en fait, elles servent pas juste à emmagasiner des théorèmes comme un robot ou un dictionnaire. Non, c'est sûr. Elles forgent avant tout une architecture mentale, vous voyez, une rigueur absolue dans la méthode de démonstration. Mais bon, quand on lit bien l'entretien, on s'aperçoit vite que le vrai goût pour cette discipline, il vient pas du tout des maths formelles enseignées au lycée. L'origine est vachement plus inattendue et surtout plus précoce.
Intervenant 1
Bah oui, à l'âge de 10 ans, face à un écran d'ordinateur, en fait, L'Arti le révèle sa découverte du langage de programmation Logo.
Intervenant 2
Ah, Logo ! Toute une époque !
Intervenant 1
Mais oui ! Pour resituer un peu le contexte pour ceux qui nous écoutent, Logo, c'était ce fameux langage où on tapait des instructions en ligne de code pour diriger une petite tortue virtuelle sur un écran.
Intervenant 2
Le but, c'était de lui faire tracer des figures géométriques, si je me souviens bien.
Intervenant 1
C'est ça. Et ce qui est hyper marquant, c'est qu'il décrit cette activité pas du tout comme un travail scolaire ou laborieux, mais vraiment comme un amusement profond,
Intervenant 2
un défi ludique. Ouais, parce que derrière l'apparence très enfantine de cette petite tortue qui dessine des carrés ou des polygones, il y a en fait l'apprentissage fondamental de la pensée algorithmique.
Intervenant 1
D'accord, c'est-à-dire ?
Intervenant 2
Quand un enfant essaie de programmer cette tortue pour faire une forme complexe, il expérimente la logique procédurale. Il est obligé de découper un gros problème en une série de toutes petites tâches élémentaires. Ah
Intervenant 1
oui, étape par étape.
Intervenant 2
Exactement. Il doit anticiper les erreurs, faire des boucles, formuler des hypothèses conditionnelles. Grosso modo, c'est la base absolue du débogage informatique.
Intervenant 1
En y réfléchissant, on peut faire un parallèle super direct avec un jeu de société. Vous savez, un jeu de stratégie complexe.
Intervenant 2
Ouais, je vois
Intervenant 1
l'idée. Le plaisir, il est absolument jamais dans la lecture aride du livret de règles. Parcourir
Intervenant 2
une liste de contraintes, c'est franchement ennuyeux. Personne n'aime lire les
Intervenant 1
règles. Personne. L'excitation intellectuelle, le jeu dont il parle, ça vient vraiment quand on maîtrise ses règles et qu'on cherche la faille, l'astuce, la stratégie optimale pour gagner quoi.
Intervenant 2
Votre analogie du jeu, elle illustre parfaitement la mécanique qui est à l'œuvre. Ce processus mental de tester, échouer, corriger et recommencer face à l'écran, ça forge littéralement la plasticité des neurones dont on a besoin pour la recherche de haut niveau.
Intervenant 1
C'est l'entraînement parfait.
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