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17 mai 2023 · 15 min

Patient virtuel : peut-il prédire l’effet d’un traitement ?

L’épisode suit la construction d’un patient virtuel, puis montre comment sa simulation validée éclaire l’évaluation des médicaments.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente.

  2. Intervenant 2

    Bonjour, ravie d'être là pour ce grand décryptage.

  3. Intervenant 1

    Aujourd'hui, on va plonger dans un sujet qui est absolument fascinant. Et pour vous mettre tout de suite dans le bain, il faut faire un petit saut dans le temps. En 2013, une actrice mondialement connue a pris une décision d'une radicalité inouïe.

  4. Intervenant 2

    Ah oui, l'amputation préventive de ses deux seins.

  5. Intervenant 1

    Exactement, suivie d'ailleurs deux ans plus tard par celle de ses ovaires. Et ce qui est vraiment terrifiant d'une certaine manière, c'est que cette décision médicale ultra lourde, elle n'a pas été dictée par une maladie.

  6. Intervenant 2

    Non, elle n'avait pas de tumeur à ce moment-là.

  7. Intervenant 1

    Voilà, cette décision a été dictée par un pourcentage, juste une probabilité calculée par un algorithme. Du coup, aujourd'hui, on explore cette révolution où les mathématiques appliquées, ce n'est plus juste de l'encre sur un tableau noir.

  8. Intervenant 2

    Non, c'est devenu une véritable boule de cristal pour lire notre avenir biologique. Enfin, c'est une bascule historique en fait.

  9. Intervenant 1

    Une bascule historique, oui. Et pour poser le décor, on peut remonter à un rapport de mars 2018, celui du mathématicien Cétric Villani sur l'intelligence artificielle.

  10. Intervenant 2

    Tout à fait. Un rapport qui affirmait que la santé devait absolument devenir un secteur stratégique pour l'IA.

  11. Intervenant 1

    Et la mission de notre décryptage d'aujourd'hui, c'est justement de comprendre l'ingénierie derrière ça. On va voir comment des statistiques de haute volée arrivent à simuler un traitement avant même qu'on touche à un vrai patient.

  12. Intervenant 2

    C'est ça. On va parler de modélisation informatique, de génétique et du vertige éthique que tout ça provoque.

  13. Intervenant 1

    Bref, un programme chargé. Alors pour bien saisir l'ampleur du truc, il faut d'abord regarder comment on teste les médicaments traditionnellement.

  14. Intervenant 2

    Oui, parce que pendant très longtemps, on s'appuyait sur deux piliers disons indéboulonnables. D'abord, on a la phase in vitro.

  15. Intervenant 1

    In vitro, donc dans les tubes à essai, sur des cellules isolées ?

  16. Intervenant 2

    Exactement. De la chimie de laboratoire classique. Et ensuite, on passe au in vivo. Donc là, c'est l'expérimentation sur le vivant. Ça va de la petite souris de laboratoire jusqu'aux vrais essais cliniques sur les humains.

  17. Intervenant 1

    D'accord. Mais ces étapes, elles sont hyper longues,

  18. Intervenant 2

    non ? Longues, très coûteuses et parfois imprévisibles. Et c'est là qu'une troisième dimension a fait son apparition.

  19. Intervenant 1

    Le in silico ?

  20. Intervenant 2

    Voilà le in silico.

  21. Intervenant 1

    Le terme est superbe d'ailleurs. Ça vient du silicium de nos ordinateurs, c'est ça ?

  22. Intervenant 2

    C'est exactement ça. En fait, on quitte la paillasse du labo pour entrer dans de la simulation purement mathématique.

  23. Intervenant 1

    Mais là, je t'avoue, j'ai une certaine perplexité. Je veux bien qu'on soit fan de technologie, mais le corps humain, c'est le chaos absolu.

  24. Intervenant 2

    C'est complexe, oui.

  25. Intervenant 1

    C'est des milliards de cellules qui interagissent dans tous les sens. Comment quelques lignes de code peuvent sérieusement modéliser ce bazar biologique ?

  26. Intervenant 2

    Le secret, il est dans le type de mathématiques qu'on utilise. On ne fait pas de simples additions ou des petits graphiques. On utilise massivement des équations différentielles.

  27. Intervenant 1

    Les fameuses équations différentielles ?

  28. Intervenant 2

    Oui, parce qu'en fait, la biologie n'est pas une photo figée. C'est un film qui tourne en continu.

  29. Intervenant 1

    D'accord.

  30. Intervenant 2

    Une tumeur qui grandit, un médicament qui se dissout dans le sang, qui traverse une membrane, puis qui est éliminé par les reins. Tout ça, c'est du mouvement. Et l'équation différentielle, c'est le langage mathématique du changement et de la vitesse.

  31. Intervenant 1

    Donc on prend un gros phénomène biologique et on le découpe en petites briques dynamiques.

  32. Intervenant 2

    C'est le principe. Les chercheurs fabriquent ce qu'on appelle un patient virtuel.

  33. Intervenant 1

    Un patient virtuel, carrément ?

  34. Intervenant 2

    Oui. Il faut s'imaginer un système avec des dizaines, voire des centaines d'équations qui sont toutes connectées. Par exemple, une équation décrit la vitesse à laquelle une cellule cancéreuse se divise. Une autre modélise le sang qui arrive pour nous ouvrir cette tumeur. Et une troisième va calculer comment la molécule du médicament s'accroche à la cellule. L'ordinateur résout tout ça en temps réel pour simuler l'événement biologique.

  35. Intervenant 1

    C'est fou. En fait, ça me fait penser au jeu vidéo Les Sims.

  36. Intervenant 2

    Ah oui ?

  37. Intervenant 1

    Bah oui, poussé à un niveau de complexité délirant, bien sûr. Dans Les Sims, si on enlève l'échelle de la piscine, le personnage finit par se noyer. Pas parce qu'il y a de la vraie eau, mais parce que le code dit que « épuisement sans issue » égale « noyade ».

  38. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie.

  39. Intervenant 1

    En médecine in silico, on code les lois de la biochimie. Si une équation bloque l'accès à une protéine vitale, l'ordinateur calcule que la cellule cancéreuse virtuelle meurt.

  40. Intervenant 2

    C'est tout à fait ça. L'analogie de la règle codée est très juste. Par contre, en biologie, ces règles sont d'une complexité phénoménale. Du coup, il y a un risque majeur.

  41. Intervenant 1

    Lequel ?

  42. Intervenant 2

    Que le modèle mathématique se mette à halluciner.

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