
14 févr. 2023 · 5 min
Fondation Blaise-Pascal : deux appels pour la médiation
Dans cet épisode audio, découvrez la mission de la Fondation Blaise-Pascal, ses appels à projets, leurs bénéficiaires et ses priorités de soutien.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on entame une plongée au cœur d'une structure assez fascinante, enfin, la Fondation Blaise-Pascal.
Intervenant 2
Ouais, une fondation qui a été lancée en 2016, c'est ça ? Par le CNRS, l'Université de Lyon et INRIA.
Intervenant 1
Exactement. Et notre mission pour cette analyse, c'est de comprendre comment ils s'y prennent pour sortir les mathématiques et l'informatique des laboratoires et les amener vraiment vers le grand public.
Intervenant 2
Ce qui n'est pas une mince affaire. Quand on pense aux chercheurs typiques, on a souvent cette image du scientifique solitaire, un peu coupé du monde devant son tableau noir avec des équations incompréhensibles.
Intervenant 1
Ah oui, le fameux cliché. Voilà.
Intervenant 2
Et dans les documents qu'on a épluchés, on sent une volonté farouche de pulvériser ça, de montrer que l'informatique théorique ou les maths, c'est pas réservé à une élite.
Intervenant 1
Et ce qui saute aux yeux dans leur rapport d'activité, c'est que tout repose d'abord sur des passionnés.
Intervenant 2
Ouais, des gens sur le terrain.
Intervenant 1
C'est ça, des chercheurs, des enseignants qui passent leur temps libre à vulgariser. Mais la Fondation, elle n'est pas juste là pour les regarder s'agiter chacun dans leur coin.
Intervenant 2
Non, pas du tout.
Intervenant 1
En fait, je me suis fait cette réflexion, c'est qu'elle agit un peu comme un chef d'orchestre.
Intervenant 2
C'est une bonne analogie, ouais. Un chef d'orchestre, c'est-à-dire ?
Intervenant 1
Plutôt que de laisser un musicien hyper talentueux jouer tout seul dans son quartier, on lui fournit une vraie scène, on lui amène une logistique, d'autres musiciens pour que la musique porte vraiment au niveau national, tu vois. C'est un amplificateur.
Intervenant 2
Et c'est crucial parce que le problème classique des actions de vulgarisation, c'est l'épuisement.
Intervenant 1
L'épuisement des porteurs de projets.
Intervenant 2
Exactement. Sans soutien structurel, une belle initiative locale finit souvent par s'éteindre quand son fondateur fatigue. L'intervention de la Fondation sert de relais de croissance pour pérenniser tout
Intervenant 1
ça. Justement, en parlant de pérenniser, c'est là que j'ai dû relire mes notes.
Intervenant 2
Ah bon ? Pourquoi ?
Intervenant 1
Parce qu'en regardant comment ils sélectionnent leurs partenaires, donc via deux appels à projets annuels, je m'attendais à voir des financements classiques de laboratoire.
Intervenant 2
Ah oui, la voie traditionnelle ?
Intervenant 1
Ouais, mais pas du tout. On trouve des sociétés coopératives, des associations locales, des acteurs de l'économie sociale et solidaire.
Intervenant 2
Même des sociétés savantes ?
Intervenant 1
Voilà. Et j'ai d'abord cru qu'ils se contentaient de distribuer des subventions, comme un simple guichet quoi. Mais en creusant, c'est presque un travail d'urbanisme qu'ils font.
Intervenant 2
Un travail d'urbanisme urbain, c'est joliment dit. En fait, le but profond derrière ces financements, c'est de structurer et fédérer ces acteurs de la vulgarisation.
Intervenant 1
Donc, relier les initiatives isolées.
Intervenant 2
C'est ça. Où l'aide financée à un atelier code dans une ville et un escape game mathématique dans une autre sans qu'ils se parlent, la Fondation les met en réseau. Ils partagent leurs outils, leurs bonnes pratiques et ça démultiplie l'impact de chaque euro investi.
Intervenant 1
Sauf que, si on veut maximiser cet impact, il y a un truc qui m'a semblé un peu risqué dans leur stratégie.
Intervenant 2
Ah, sur quel aspect ?
Intervenant 1
Sur l'aspect géographique. En allant sur leur carte des financements, sur le site www.fondation-blaispascal.org, j'ai vu qu'ils ciblaient spécifiquement les régions dites peu dynamiques.
Intervenant 2
Les fameuses zones blanches ?
Intervenant 1
Ouais, les publics défavorisés. Alors je veux bien, mais n'est-ce pas un peu contre-intuitif ? Si on cherche l'efficacité maximale, ce serait pas plus logique de consolider les grands pôles scientifiques urbains qui performent déjà, plutôt que de repartir de zéro, je veux dire ?
Intervenant 2
C'est vrai que c'est le réflexe naturel, investir là où le rendement est immédiat. Mais la Fondation répond à une logique d'intérêt général.
Intervenant 1
Donc on évite de créer des déserts scientifiques, c'est ça ?
Intervenant 2
Exactement. Si on concentre l'effort uniquement sur les grands centres urbains, on se retrouve avec des îlots de savoirs et on laisse le reste du territoire sur la touche. Investir dans ces zones blanches demande plus d'efforts, oui, mais c'est vital pour désenclaver les savoirs.
Intervenant 1
Surtout qu'aujourd'hui, comprendre les sciences, c'est plus juste un loisir intellectuel.
Intervenant 2
C'est une nécessité de société, complètement. C'est une compétence citoyenne de base, au fond.
Intervenant 1
Donc cette structure, c'est avant tout un outil d'équité territoriale. On utilise la vulgarisation pour combattre des inégalités sociales et géographiques qui sont bien réelles.
Intervenant 2
Tout à fait. C'est essayer de garantir que la connaissance circule, peu importe le code postal des individus.
Intervenant 1
Ce qui nous amène à une réflexion finale assez vertigineuse pour clôturer cette analyse.
Intervenant 2
Je t'écoute.
Intervenant 1
À l'heure où les algorithmes, l'intelligence artificielle, les données façonnent chaque recoin de notre quotidien, des offres d'emploi aux diagnostics médicaux, est-ce que le manque d'accès à cette culture mathématique et informatique dans certaines régions ne constitue pas la véritable source des futures fractures sociales ?
Intervenant 2
Ah, la question de savoir qui maîtrisera les outils de demain. Ouais, c'est fondamental.
Intervenant 1
Exactement. Si la Fondation joue les chefs d'orchestre, on peut se demander ce qu'il adviendra de ceux qui n'auront jamais eu la chance d'apprendre à lire la partition. Une vraie question à garder en tête.
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