
7 juil. 2016 · 9 min
Bac S 2016 : l’erreur de signe cachait-elle le vrai problème ?
Dans cet épisode audio, suivez les indices : contenu hors programme de spécialité, objet présenté tardivement et accumulation de paramètres.
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Intervenant 1
Imaginez un algorithme qui a été récompensé par un prix Nobel. Un outil initialement pensé pour optimiser les mariages, mais qu'on a fini par utiliser pour décider de l'avenir de centaines de milliers de lycéens.
Intervenant 2
Oui, avec les dégâts qu'on connaît.
Intervenant 1
Et qui finit par dérailler complètement, voilà. Bonjour et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle plongée au cœur de l'enseignement des mathématiques en France.
Intervenant 2
Bonjour à tous.
Intervenant 1
Alors aujourd'hui, on va soulever le capot, on va regarder comment ça fonctionne de l'intérieur, de l'orientation post-bac jusqu'à l'épreuve du baccalauréat. Et pour ça, on a une source en or.
Intervenant 2
Oui, on s'appuie sur les notes de Robert Cabane.
Intervenant 1
L'ancien doyen de l'Inspection Générale de Mathématiques, c'est bien ça ?
Intervenant 2
C'est ça. Et ces notes, elles sont vraiment essentielles parce qu'elles dissèquent des mécaniques que le grand public ne voit jamais.
Intervenant 1
Et d'ailleurs, avant même de parler des algorithmes, le premier grand mythe que ces notes pulvérisent, c'est celui de la désertion des mathématiques.
Intervenant 2
Ah oui, on entend toujours dire que la spécialité maths en terminales à l'époque s'effondrait.
Intervenant 1
On l'entend partout, mais les données prouvent exactement le contraire.
Intervenant 2
Ah bon ? En fait, c'est la physique-chimie qui encaisse la véritable chute. Les mathématiques, elles, elles se maintiennent très
Intervenant 1
bien.
Intervenant 2
Mais le vrai paradoxe, et c'est là que ça devient intéressant, c'est qu'à peine plus d'un lycée 1 sur 5 choisit cette voie. Ce
Intervenant 1
qui est très peu.
Intervenant 2
C'est une proportion très faible, surtout vu l'importance cruciale de cette matière dans l'enseignement supérieur.
Intervenant 1
Et cet enseignement supérieur, justement, c'est un peu le premier grand mur qui attend les lycéens. Pendant des années, on a beaucoup critiqué le système d'affectation APB. Le
Intervenant 2
fameux.
Intervenant 1
Voilà. On l'accusait d'être une boîte noire totalement insondable. Mais sous le capot, d'un point de vue purement mathématique, comment ça marchait concrètement ce tri ?
Intervenant 2
Alors le moteur d'APB, il reposait sur un algorithme très connu. L'algorithme de
Intervenant 1
Gail Chapelet. D'accord.
Intervenant 2
Et c'est un modèle d'une élégance mathématique vraiment rare. Ça a d'ailleurs valu un prix Nobel d'économie à ses créateurs.
Intervenant 1
Rien que ça ?
Intervenant 2
Ouais. Et son objectif, c'est de créer ce qu'on appelle des perstables. Donc, dans le système APB, d'un côté vous avez les étudiants qui formulent leurs vœux, et de l'autre, les universités qui examinent ces profils. Les formations mettent les meilleurs candidats, disons, en attente virtuelle. D'accord,
Intervenant 1
elles les bloquent.
Intervenant 2
Voilà, et elles rejettent les autres. Et le processus se répète, itération après itération, jusqu'à ce que chaque place soit attribuée de manière optimale.
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